Le soutien aux commerçants, une clé de voûte de la relance

Mis à jour le 7 juillet 2021
Temps de lecture : 3 min

Pour aider les commerçants à traverser la pandémie, la Ville a mis sur pied une multitude de mesures d’urgence, en collaboration avec des partenaires. Le défi était de taille : il fallait être rapide, efficace et faire preuve d’adaptabilité.

Dès le début de la crise, en mars 2020, la survie de l’économie locale a été un enjeu en raison de la fermeture des commerces non essentiels. La Ville a aussitôt pu compter sur la collaboration du réseau de soutien aux commerçants, qui veille à la vitalité et à la pérennité du commerce.

Isabelle Paille, directrice du développement commercial chez PME MTL Centre-Est, et Billy Walsh, directeur de la SDC Wellington et président de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM), racontent comment cet écosystème s’est mobilisé en temps de crise.

 

En tant qu’organismes de soutien aux commerces, vous êtes aux premières loges des besoins des entrepreneurs au quotidien. Comment le rôle de votre réseau assure-t-il la vitalité commerciale montréalaise?

Isabelle Paille : Nous avons une mission d’accompagnement auprès des entrepreneurs, surtout au niveau financier, mais aussi sur le terrain. On va à la rencontre des entrepreneurs-commerçants et on développe avec eux des relations à long terme. J’aime dire que nous sommes une source de financement à l’échelle humaine.

Billy Walsh : On agit sur la vitalité et la prospérité durables des quartiers. Notre mission première est l’attractivité. Notre but est de faire rayonner l’artère commerciale. On interagit sur le terrain avec les commerçants.

 

La dernière année a été très difficile pour les entreprises en raison de la pandémie. Quel type de soutien a été le plus demandé de la part des commerçants?

Isabelle Paille : C’est sûr que c’était d’abord financier, parce qu’il y avait quand même des fermetures sur de longues périodes. Par contre, nous avons senti un besoin de soutien chez les entrepreneurs pour planifier le futur. J’ai vu les commerçants se poser de bonnes questions pour aller chercher de l’aide aux bons endroits afin de pouvoir rebondir. Notre rôle, c’était ça : de souffler dans les ailes des commerçants pour qu’ils puissent continuer à voler, pendant la pandémie et surtout lorsqu’elle sera terminée.

Billy Walsh : De notre côté, c’était de l’aide à tous les niveaux, qu’elle soit comptable, fiscale, financière, psychologique… Ça pouvait même être juste une oreille attentive. Les commerçants avaient tellement besoin de prévisibilité. Je pense notamment aux restaurateurs, qui avaient des besoins criants, surtout dans les derniers mois. Ils voulaient savoir, entre autres, quel était le plan de déconfinement.

 

Est-ce que la nouvelle réalité a changé votre manière d’évaluer les besoins des commerçants, que ce soit en matière d’aide financière ou de soutien technique?

Isabelle Paille :  Il est encore un peu trop tôt pour commenter, car on amorce tout juste le déconfinement. Cependant, ça a consolidé notre compréhension des besoins de certains commerçants, surtout en implantation. Il y a des éléments qu’on regardait déjà, mais qu’on scrute davantage maintenant comme, au-delà des aspects financiers, ceux reliés au marketing ou au modèle d’affaires, à la diversification des canaux de distribution, à l’expérience du client en commerce, à la collaboration entre les entreprises et les partenaires… On se prépare au pire et on espère le meilleur.

Billy Walsh : Aujourd’hui, le mot d’ordre est la diversité. La diversité amène la résilience. Dorénavant, quand on va planifier les artères commerciales, la diversité devra être au cœur de la réflexion. Je parle ici de la diversité de clientèles, d’usages, de la mixité commerciale… l’ensemble de l’œuvre. Aussi, les artères commerciales locales ont maintenant une grande opportunité : la présence de télétravailleurs. Comment cette nouvelle réalité va-t-elle changer l’aménagement des rues? Il s’agit d’une nouvelle clientèle qu’on n’avait pas durant la semaine. Les gens changent leur façon de consommer. C’est super intéressant.

 

Quel impact le soutien financier de la Ville a-t-il eu dans la réalisation de vos projets ou dans votre intervention auprès des commerçants?

Isabelle Paille : Chez PME MTL Centre-Est, nous avons pu soutenir un plus grand nombre d’entrepreneurs grâce au financement de la Ville, soit environ 10 fois plus qu’à l’habitude. Ce programme existait déjà et a été modulé pour soutenir les commerçants plus rapidement et plus simplement. C’est un programme intéressant, qui a été bien réfléchi et qui a été efficace pour préparer leur relance. À ma connaissance, Montréal est la seule ville au Québec à avoir mis sur pied un tel programme et je suis fière d’avoir fait partie de cette initiative.

Billy Walsh : Hormis certains défis administratifs qui étaient imputables à la rapidité de la crise, je pense que les projets et les programmes de soutien aux SDC ont été là quand c’était crucial.

 

Quel sera le principal défi à relever pour vous, et pour les commerçants, dans les prochaines années?

Billy Walsh : L’innovation. Tu ne peux plus innover quand le loyer commercial est trop cher. J’aimerais qu’on mette en place à Montréal des initiatives d’incubateurs de commerces au détail. 

Isabelle Paille : Je pense aussi que l’idée des incubateurs est intéressante. Il faut également convaincre à nouveau les institutions financières d’investir dans le commerce de détail. Il faudrait que nous aussi, les organismes, puissions être toujours plus innovants.

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