L’économie circulaire, un modèle économique d’avenir

Mis à jour le 6 mai 2022
Temps de lecture : 4 min

Saviez-vous que l’humanité consomme chaque année l’équivalent des ressources que produirait 1,7 planète Terre? Ce rythme n’est pas soutenable. C’est pourquoi Montréal mise notamment sur l’économie circulaire pour favoriser la transition écologique et un développement économique vert et inclusif.

Un nouveau modèle économique plus durable

Si on parle de plus en plus d’économie circulaire, c’est que ce nouveau modèle économique s’oppose au modèle linéaire classique. Dans un schéma linéaire, on prend de nouvelles ressources pour fabriquer des produits qui seront utilisés et ensuite jetés. « Dans un contexte d’économie circulaire, on repense plutôt nos modes de production et de consommation pour optimiser les ressources, explique Natacha Beauchesne, commissaire au développement économique à la Ville. Cela permet de préserver et de maximiser les ressources, qui, comme on le sait, sont limitées. » 

Les stratégies pour favoriser la circularité des ressources sont multiples et s’appliquent autant aux secteurs industriel et commercial qu’au secteur des services. « Au Québec, on parle beaucoup d’écologie industrielle, lorsque l’extrant d’une entreprise devient l’intrant d’une autre », explique Melissa Stoia, directrice du développement durable et de l’économie circulaire chez Synergie Montréal. 

Les autres stratégies touchent l’ensemble de la chaîne de production, de l’idéation à la gestion des déchets, et comprennent notamment l’écoconception de produits et de services, l’approvisionnement local et responsable, le recyclage, le surcyclage et la valorisation des ressources.

L’économie circulaire est un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités.

Un modèle économique qui contribue à la transition écologique

Pour l’environnement, l’adoption d’un modèle d’économie circulaire a des avantages significatifs. « Nous sommes à un moment charnière de la transition écologique. La Ville s’est donné des objectifs ambitieux : tendre vers le zéro déchet en 2030 et la carboneutralité en 2050, explique Natacha Beauchesne. L’économie circulaire peut nous aider à les atteindre. » 

Le modèle circulaire peut notamment entraîner une baisse des coûts de gestion, une sécurisation de l’approvisionnement, une diminution de l’empreinte énergétique et un gain d’efficience. 

À Montréal, l’essor de l’économie circulaire se traduit par des retombées positives sur le plan socioéconomique, notamment par la création d’emplois locaux. À eux seuls, les projets soutenus par Synergie Montréal en 2020 ont généré 441 611 $ en revenus et en économies de coûts d’approvisionnement et de frais de gestion de matières résiduelles. Ils permettent également d’éliminer chaque année 2800 tonnes de gaz à effet de serre et 2000 tonnes de déchets.

Un secteur innovant en effervescence

« À l’heure actuelle, l’économie québécoise est circulaire dans une proportion de 3,5 %, mais il y a une effervescence dans le secteur et on sent que ça s’accélère avec des centaines d’initiatives qui voient le jour , explique la commissaire Natacha Beauchesne. Ce secteur est une source d’innovation incroyable. » Les entreprises qui font le saut prouvent que l’imagination et l’audace sont profitables.

Maçonnerie Gratton est un bon exemple : l’entreprise a mis au point une technique de réutilisation des briques usagées directement sur le chantier. « Cette technique évite beaucoup de gaspillage, explique Melissa Stoia. Chez Synergie Montréal, nous avons calculé le différentiel en carbone et avons démontré que pour 1000 pieds carrés de briques, cette technique permet de réduire de 5 tonnes le gaz carbonique produit. »

Dans le secteur bioalimentaire, le maillage entre les entreprises permet à plusieurs initiatives de voir le jour. Le Marché Second Life, par exemple, commercialise les fruits et légumes invendus par les agriculteurs de la région de Montréal, tandis que LOOP réduit le gaspillage alimentaire en transformant des aliments rejetés en jus. « Le secteur des matières organiques est en ébullition, note Melissa Stoia. L’entreprise TriCycle utilise des résidus alimentaires pour nourrir des insectes comestibles. Elle surcycle ainsi ces matières organiques, c’est-à-dire qu’elle leur donne plus de valeur que leur valeur de base. »

Pour représenter l’ampleur de la transition vers une économie circulaire, montrealcirculaire.org, la plateforme de référence, recense les initiatives, les actualités et les ressources en économie circulaire sur le territoire montréalais.

De l’aide pour les PME qui souhaitent prendre le virage

Les entreprises qui s’intéressent à l’économie circulaire ou qui souhaitent se lancer dans l’aventure ne sont pas laissées à elles-mêmes : différents types de soutien existent. « En osant faire le saut et en modifiant leur modèle d’affaires, les entreprises vont sortir gagnantes, estime Natacha Beauchesne. Et toute la collectivité aussi! »

Synergie Montréal : un accompagnement personnalisé

« Nous avons, au Québec, un milieu d’affaires unique, formé à 70 % de PME, dont une grande proportion gérée par des propriétaires exploitants qui ont une connaissance fine de leur entreprise. Ils ont toujours eu envie de faire mieux, mais n’ont jamais eu le temps ou les ressources pour y parvenir », avance Melissa Stoia.

Dans ce contexte, Synergie Montréal offre une aide précieuse. « Nous accompagnons les entreprises dans leur démarche, notamment en faisant une visite complète des installations, explique Melissa Stoia. Nous leur offrons un regard extérieur pour identifier les points chauds et les bonnes stratégies à mettre en place. Nous pouvons alors attaquer le problème par l’angle le plus cohérent pour l’entreprise. Il n’y a pas 2 entreprises qui arrivent à l’économie circulaire de la même façon. »

L’aide proposée par Synergie Montréal inclut également la recherche de débouchés (maillage), des ateliers de mise en relation, la création de réseaux de circularité et du soutien technique et scientifique pour créer un maximum de projets et davantage d’impact.

Une aide financière de la Ville

De son côté, la Ville s’active pour implanter des programmes et des outils en soutien à l’économie circulaire.

En partenariat avec Synergie Montréal, Fondaction et Recyc-Québec, la Ville soutient financièrement les entreprises. « Avec Fondaction, nous avons participé à la création du premier fonds d’investissement en économie circulaire au Canada, qui a déjà financé et accompagné 3 entreprises montréalaises dans leur projet de circularité, note Natacha Beauchesne. Nous voulons également soutenir l’économie circulaire au moyen de nos programmes et de nos appels à projets en intégrant la circularité dans les thématiques admissibles. »

En photo principale : Tommy Bouillon, président de Maçonnerie Gratton

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