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Habuimus Papam - Henriette Valium

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Du
au

Henriette Valium (Patrick Henley) est un artiste pluridisciplinaire montréalais et pape incontesté de la bande dessinée alternative.

Description

La maison de la culture Janine-Sutto est fière de présenter une immersion dans l’univers amphigourique de l’artiste pluridisciplinaire Henriette Valium. Bande dessinée, vidéo, musique et tableaux se côtoient à l’occasion de l’exposition Habuimus papam – Nous avions un pape, un corpus d’œuvres de cet artiste hors normes qui nous a quitté le 1er septembre dernier et qui demeure, pour l’éternité, l’une des figures majeures de ce revigorant mouvement underground qui a émergé à Montréal dans les années 1980. Outre l’influence marquée sur les générations qui lui succèdent, il laisse derrière lui une œuvre considérable, provocatrice et marginale, protéiforme et foisonnante, parfois énigmatique, exempte de tout compromis, qu’il poursuivait inexorablement depuis plus de quatre décennies, reflétant une intégrité que nous tenons à saluer. Valium connaissait ce doux et interminable labeur qu’exige l’art destiné à atteindre la folie des yeux.

 

Démarche de l’artiste

Henriette Valium n’est pas une femme et son œuvre ne fait pas dans la dentelle. Voyager dans son univers, c’est plonger dans un vortex infini et hallucinatoire d’humour noir et de liberté totale. Mené au quotidien d’une manière qu’on pourrait qualifier d’obsessive compulsive, son travail se renouvelle sans cesse à travers un parcours de vie résolument dans la marge, façon pour Valium d’échapper à une réalité angoissante. Traverser son œuvre, c’est aussi parcourir ses tempêtes existentielles et ses zones de turbulences biographiques lors desquelles, enfermé durant de longues heures en solitaire, il se retrouve en symbiose avec son art. S’il avait le désespoir de sa génération chevillé à l’âme, il arborait aussi ce dilettantisme salvateur de l’artiste perdu d’avance en permanente expérimentation : sérigraphies, collages obscènes, portraits, micro-éditions de ses bandes dessinées publiées à compte d’auteur, petits films, musiques aux ambiances bien anxiogènes et peintures agressives à s’en arracher les globes oculaires… 

Là où le talent de Valium est le plus sidérant, c’est dans ses bandes dessinées parfois excessivement complexes, qu’un coup d’œil furtif est impuissant à déchiffrer. Ses pages, saturées d’un enchevêtrement de lignes et de motifs divers, ont nécessité des centaines d’heures de travail, s’échelonnant parfois sur plusieurs mois, voire sur des années. Son album Le Palais Dé Champions – The Palace Of Champions en est l’apothéose. Pour qui voudrait parcourir sa production, il n’est a priori pas simple d’y circuler. Non seulement exige-t-elle de son lecteur d’être attentif et déterminé, mais aussi son corpus a longtemps été éparpillé dans de multiples graphzines, revues et anthologies marginales et difficiles à dénicher. 

 

L’artiste

Artiste essentiellement autodidacte, Patrick Henley, né à Montréal en 1959, a utilisé les pseudonymes Henriette Valium et Laure Phelin pour l’ensemble de son corpus artistique.

En 1984, au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, il fait une rencontre déterminante, celle de l’artiste Pakito Bolino (« dictateur artistique » du collectif artistique Le Dernier Cri, à Marseille, depuis 1993). Outre l’émulation, cette collaboration offre à Valium une visibilité qui outrepasse les frontières du Québec et contribue au rayonnement de son art en Europe et à l’étranger.

En 2018, à l’occasion du Festival de la bande dessinée francophone de Québec (ou Québec BD), il recevait le prix Albert-Chartier en hommage à sa contribution inestimable au monde de la bande dessinée au Québec.

Henriette Valium est représenté depuis 2013 par la Galerie Robert Poulin, à Montréal.

Comment s'y rendre

2550, rue Ontario Est
Montréal (Québec) H2K 1W7

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