Une journée avec Charlotte Leprohon, agente technique
Depuis plus de trois ans, Charlotte Leprohon, agente technique en horticulture et arboriculture, contribue à la santé et au développement de la forêt urbaine du Plateau-Mont-Royal.
Entre les plantations, les inspections d’arbres, la lutte contre l’herbe à poux et les nouveaux projets visant à favoriser la biodiversité, ses journées sont loin de se ressembler. Et c’est ce qui lui plait. Partez à sa rencontre!
Comment t’es-tu retrouvée à occuper ce poste ?
J’ai toujours adoré être dans la nature. Petite, je passais mes fins de semaine dans le bois avec mon frère à construire des cabanes. J’ai d’abord fait un DEC en communication, mais à l’université, j’ai découvert une véritable passion pour la biologie végétale grâce à un certificat en écologie. Après ça, il y a eu un déclic : je passais mon temps libre à identifier des plantes et à cuisiner avec des espèces forestières comestibles !
J’ai ensuite complété des certificats en sciences de l’environnement et en communication, obtenant ainsi un baccalauréat par cumul. Après quelques années en horticulture et dans un organisme environnemental où j’ai fait de l’animation auprès des jeunes, j’ai joint l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal comme inspectrice en horticulture et arboriculture avant de devenir agente technique.
Qu’est-ce qui te plaît dans ton travail ?
Beaucoup de choses ! Mais ce que j’aime surtout, c’est que c’est concret. Quand on enlève du béton pour planter un arbre, on voit immédiatement l’impact. J’aime aussi beaucoup les échanges avec les citoyen(ne)s. Quand une personne me dit qu’elle est contente de son arbre ou d’un projet qu’on a réalisé, c’est très gratifiant. J’apprécie aussi la liberté qu’offre mon travail. Mes journées sont toutes différentes. J’ai une partie bureau et une partie terrain. Je peux adapter mon horaire selon les tâches et la météo.
À quoi ressemble une journée typique ?
Je traite des réclamations liées aux arbres, je fais des inspections, je coordonne des plantations, je supervise différents projets et je fais le suivi des arbres qui nécessitent une surveillance particulière. J’inspecte plusieurs centaines d’arbres chaque année. Une partie de mon travail consiste à suivre les arbres présentant des signes de dépérissement, à prendre des mesures et à recommander des interventions lorsque nécessaire.
Pourquoi travailles-tu autant à vélo ?
Je suis toujours en mode observation. Quand je suis à vélo, je peux facilement m’arrêter si je remarque un arbre qui semble en mauvais état. Et puis être dehors toute la journée, c’est un des grands plaisirs de mon travail !
Quels projets t’ont occupé cet été ?
Parmi les dossiers qui nous mobilisent, on retrouve notamment la gestion différenciée, les arbres de vie et la lutte contre l’herbe à poux.
La gestion différenciée ce sont des espaces où on laisse davantage la nature reprendre ses droits, tout en continuant à les entretenir. Ça favorise les espèces végétales indigènes et ça permet d’accroître la biodiversité. Les équipes entretiennent toujours ces secteurs, mais de manière différente afin de permettre à la végétation indigène de s’établir.
Les arbres de vie sont des arbres qui devraient normalement être abattus, mais dont on conserve une partie du tronc afin qu’ils continuent de servir à la biodiversité. Le bois mort devient alors un habitat pour les oiseaux, les insectes, les petits mammifères et les organismes décomposeurs. On pense souvent aux arbres vivants, mais les arbres morts jouent eux aussi un rôle important dans les écosystèmes.
Enfin, sur Le Plateau, on travaille fort pour lutter contre l’herbe à poux. Cet été, j’ai supervisé une équipe d’étudiant(e)s qui parcourent les rues de l’arrondissement afin de repérer les zones infestées. Les jardiniers et jardinières peuvent ensuite intervenir avant la production du pollen. Attention ! L’herbe à poux, ce n’est pas la même chose que l’herbe à puce. Elle ne cause pas de brûlures lorsqu’on la touche, mais son pollen est extrêmement allergène pour plusieurs personnes.
Quel est l’aspect le plus méconnu de ton travail ?
Tous les arbres plantés par la Ville possèdent un numéro d’identification et une fiche de suivi. On peut suivre leur croissance d’année en année et documenter leur état de santé.
J’aime aussi savoir qu’il existe un important attachement des citoyen(ne)s envers les arbres de leur quartier. Les gens craignent souvent que je sois là pour couper un arbre ! J’adore prendre le temps d’expliquer ce qu’on fait et pourquoi on le fait.
Quelles qualités faut-il avoir pour faire ton métier ?
Il faut certainement avoir un bon sens de l’observation et être très organisée. On gère plusieurs dossiers en même temps, et quand vient le temps de la plantation ou du suivi des arbres, il y a beaucoup d’informations à consigner.
Enfin, as-tu un endroit coup de cœur sur Le Plateau ? Si oui, lequel ?
Ce n’est pas très original, surtout pour une agente technique en horticulture et arboriculture, mais je dirais le parc La Fontaine. On y trouve de très grands arbres et une belle canopée. C’est un endroit vivant où je me sens bien. J’aime y prendre mes pauses dîner.
Merci Charlotte!
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