La vie des femmes des quartiers ouvriers de MHM au 20e siècle
En cette Journée Internationale des droits des femmes, nous rendons hommage aux femmes qui vivaient dans les quartiers ouvriers de MHM au 20e siècle. Ce texte est inspiré d’un podcast diffusé par l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.
Les femmes qui vivaient dans les quartiers ouvriers ont contribué au développement de l’arrondissement en tenant, à bout de bras, toute une génération. Pourtant, vous ne verrez jamais aucune rue, installation culturelle ou place publique porter leurs noms. Ces femmes sont peut-être aujourd’hui vos grands-mères ou vos arrière-grands-mères. Quelle belle occasion de leur rendre hommage en cette Journée internationale des droits des femmes !
L’arrivée de l’industrialisation
À partir de la fin des années 1800, Hochelaga s’industrialise rapidement et le développement économique fait en sorte que le village sera annexé à Montréal. Un nouveau territoire verra le jour plus à l’est, Maisonneuve, et sera surtout à vocation résidentielle, peuplé majoritairement d’ouvriers. Le quartier de Mercier verra le jour en 1915 et regroupera les villages de Beaurivage et de Tétreaultville, puis du village de Longue-Pointe, aujourd’hui connu sous le nom de Mercier-Est. Composé majoritairement de terres agricoles, Mercier sera visé par l’industrialisation avec l’arrivée notamment de la Montreal Locomotive Works, l’International Manufacturing et la Canadian Car & Foundry.
On ne roule pas sur l’or
La vie des familles ouvrières du 20e siècle est rude. L’homme se lève aux petites heures du matin et part travailler à l’usine. La journée de travail est d’en moyenne de 10 h, à 1 $ de l’heure, à raison de 55 heures par semaine. Ce salaire de 55 $ paie tout juste le loyer et la nourriture.
On retrouve une moyenne 3,9 enfants par famille. En plus des enfants, il faut s’occuper des aîné(e)s, car il n’y a pas de résidences pour personnes âgé(e)s à cette époque. Par chance, le programme d’aide des allocations familiales et la pension de vieillesse existent déjà, mais cela ne suffit pas. Les familles ouvrières vivent souvent en situation de pauvreté !
L’important rôle de la ménagère
La ménagère est une femme mariée et elle s’occupe à temps plein de sa maison, de ses enfants et de son mari. Elle se charge des tâches domestiques et des repas, mais aussi de beaucoup d’autres tâches telles que les courses et la gérance des finances familiales, l’homme remettant sa paie à son épouse.
Les tâches domestiques occupent une grande partie du temps des femmes. Elles n’ont pas accès aux technologies d’aujourd’hui et faire le lavage occupe une journée complète : chauffer l’eau sur des poêles au gaz, passer le linge dans les moulins à tordeurs pour le faire ensuite sécher sur la corde à linge. Les vêtements doivent être repassés, ce qui représente souvent une autre journée complète de travail.
La femme ménagère gère aussi les rapports sociaux dans la famille tels que les conflits entre les enfants, les relations avec la parenté, les invitations pour les fêtes familiales et l’envoi des cartes de vœux à Noël ou aux anniversaires.
Une influence majeure sur la vie de famille
Les femmes ont beaucoup d’influence sur la vie de la famille. Les hommes leur abandonnent les responsabilités domestiques, mais elles sont maîtres de leur propre travail. Elles sont conscientes qu’elles gèrent l’argent de leur conjoint et elles y font très attention. Dans de nombreux cas, le salaire des hommes ne suffit pas pour assurer le minimum à la famille, ce qui contraint les femmes au foyer à contribuer au revenu familial en prenant de petits contrats de couture ou de gardiennage.
Des citoyennes non-reconnues
Avant la 2e guerre mondiale, il y a entre 5 et 10 % de femmes sur le marché du travail. Elles ne sont pas les bienvenues dans les milieux d’hommes ! Elles travaillent dans des situations extrêmes seulement, par exemple si le conjoint est malade et qu’il ne peut plus travailler. La grand-mère prend parfois la relève pour les tâches ménagères et les soins aux enfants.
Les femmes ne sont pas des citoyennes pleinement reconnues. Cette situation changera à partir de la deuxième guerre mondiale, car elles obtiendront le droit de vote en 1940 et la possibilité d’intégrer le marché du travail.
Les années 50 seront des années prospères. On assite à une augmentation de la bureaucratie et au développement du commerce de détail, ce qui permettra aux femmes d’intégrer le marché du travail.
Les familles ouvrières souhaitent un meilleur sort à leurs enfants et elles les encouragent à aller plus longtemps à l’école. On assiste alors à une véritable transformation sociale. Les femmes travaillent ensemble, elles se parlent, se rencontrent et prennent conscience des inégalités sociales.
Merci et respect à ces femmes qui ont pavé la voie aux générations futures.
Bonne Journée internationale des droits des femmes !
Source : Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.
Podcast Mémoires MHM, La vie des femmes dans un quartier ouvrier, épisode 11, février 2022.
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