Rencontre citoyenne – Cohabitation dans le secteur Ontario Est
Publié le 16 juin 2026 à 16 h 53
Mis à jour le 16 juin 2026 à 17 h 14
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L’arrondissement de Ville-Marie et les élus ont convié les résident(e)s du secteur Ontario Est, entre les rues Plessis et Saint-Timothée, à une rencontre citoyenne pour discuter de la cohabitation sociale dans le secteur.
En présence notamment de membres du SPVM, de la Direction régionale de la santé publique de Montréal et du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, les résident(e)s ont exprimé leurs préoccupations, leurs défis et leurs solutions pour favoriser le partage de l’espace public. Voici un résumé des idées exprimées par les participant(e)s lors de cette rencontre.
Solidarité sociale, itinérance et partage de l’espace public :
- Plusieurs participant(e)s rappellent l’importance de l’équité territoriale à Montréal dans l’offre de ressources aux personnes en situation d’itinérance.
- On souligne à plusieurs reprises l’importance du partage de connaissances, de la sensibilisation et de la formation auprès de la population pour :
o comprendre les caractéristiques et l’historique du quartier;
o apprendre à connaitre les organismes pour aider à saisir les enjeux;
o connaitre les initiatives organisées dans le quartier;
o être outillé(e) et connaitre les ressources vers qui on peut se référer;
o offrir des formations, notamment aux tout-petits, en CPE et à l’école. - Un sentiment d’impuissance est vécu devant l’itinérance et le sentiment de déshumanisation devient très grand, on se questionne comment agir.
- Plusieurs personnes indiquent qu’il faut se battre pour assurer un financement adéquat à tous les organismes et ressources du secteur pour qu’ils puissent bien accompagner les gens vulnérables et accomplir leur mission.
- Certains mentionnent qu’il est important de redonner une condition humaine aux gens vulnérables en offrant notamment : des toilettes, des installations d’hygiène, des poubelles qui sont vidées et un mobilier urbain non hostile.
- On parle aussi de l’importance de trouver des moyens pour accueillir à nouveau les familles dans le quartier et éviter que le tissu social, tissé serré dans le quartier, se dégrade.
- L’administration municipale est invitée à considérer l’implantation d’une halte de jour permanente de répit, ouverte à l’année, pour éviter l’occupation de l’entrée des commerces.
- On souligne le fait que les parcs Victor-T.-Daubigny et Judith-Jasmin, sont devenus des résidences pour les personnes en situation d’itinérance.
Sentiment de sécurité :
- Le secteur de la rue Ontario Est est à un carrefour, la situation est alarmante et il est difficile de se sentir en sécurité. On rapporte des agressions dans le secteur et on soulève des préoccupations de la part des femmes, qui évitent de marcher seule après 20 h ou on même parfois peur en plein jour.
- Il est suggéré de mettre en place des patrouilles en permanence sur la rue Ontario, surtout de nuit, ou des brigades de référence pour augmenter le sentiment de sécurité. Une présence et un appui constants sont demandés.
- Il est suggéré de ne pas engager des agences de sécurité privée, mais de miser davantage sur une brigade sociale pour intervenir afin d’aider les gens vulnérables.
Criminalité :
- Une étude effectuée par des étudiants de l’UQAM démontre que la criminalité augmente à proximité d’un centre d’injection supervisée.
- Il y a eu des interventions pour arrêter les trafiquants de drogues, mais les trafiquants se sont déplacés au parc Félix-Antoine Savard. La présence et une intervention du SPVM est demandée.
- Des entrées par effraction sont rapportées dans le secteur : des gens viennent se réfugier à l’intérieur et font leurs besoins et des tentatives de vols ont été rapportées.
- On dénonce la tolérance du SPVM pour la distribution de drogues près des centres d’injection supervisés qui favoriserait la criminalité, plus on tolère, plus le nombre augmente. La police devrait intervenir.
- Il est mentionné que des interventions policières augmentent l’éparpillement des personnes et les désorganisent et ne fait qu’étendre la problématique ailleurs.
Santé publique et consommation de drogues :
- Avec l’arrivée de Spectre de rue au départ, beaucoup d’améliorations ont été observées dans le quartier. Puis, depuis la pandémie (été 2022-2023), le problème s’est aggravé. Augmentation de la clientèle qui dépasse la capacité du site, hausse de la consommation dans les environs et moins de services à cause d’un manque d’investissement et de financement à l’organisme.
- Gestion de la crise des drogues : on prône une répartition équitable des services d’injection, et une concertation avec les arrondissements pour éviter la forte concentration sur la rue Ontario Est et poursuite de la stratégie de mise à l’échelle. Du matériel d’injection est distribué par le CLSC, une pharmacie, l’hôpital Notre-Dame, ce qui fait que le secteur est au cœur de cela. Malheureusement, ces acteurs ne ramassent pas le matériel d’injection à la traine, il y a seulement l’organisme Spectre de rue qui le fait.
- Il est indiqué que la crise des opioïdes est une question de santé publique, et que la santé publique devrait se pencher sur la question des seringues à la traine.
- Il est suggéré qu’une étude d’impact soit effectuée avant d’ouvrir ce genre de ressources et de s’assurer d’être capable de gérer la ressource et d’avoir le financement suffisant pour la gérer.
- Attroupements près de Spectre de rue, il manque de gestion à l’extérieur de l’organisme, les injections ne peuvent être faites en public.
- On rapporte aussi la présence de personnes qui viennent s’injecter dans la cour des résident(e)s ou dans les parcs, et il y en a plus à prévoir avec la réduction des heures d’opération de Spectre de rue.
- Installations sanitaires : des gens font leurs besoins à plusieurs endroits, posant un risque aussi pour la santé publique.
Logement et habitation :
- La racine du problème est l’abordabilité et la disponibilité du logement dans le quartier. Il devrait en être davantage question, la cohabitation est un symptôme et non le problème en soi. Des investissements devraient être fait en ce sens.
- Les logements délabrés et inoccupés aggravent le problème d’attroupements et de criminalité, nous voyons la différence lorsqu’un bâtiment est occupé.
- Il est suggéré que la Ville utilise son droit de préemption pour acheter des bâtiments inoccupés dans le quartier et créer du logement social supervisé en collaboration avec la santé.
- Mettre l’emphase sur l’implantation de ressources en habitation, des ressources permanentes, où les gens sont respectés, plutôt que de miser sur la construction de condos privés.
- Voir à l’utilisation de conteneurs pour offrir du logement temporaire aux personnes vulnérables.
Aménagement urbain :
- La sécurité et la circulation routière sont problématiques. L’aménagement devrait être revu et une traverse piétonne devrait être ajoutée à l’angle de la Visitation. Cela permettrait d’offrir une option notamment pour contourner le trottoir devant l’organisme.
- Il est suggéré d’améliorer l’éclairage dans certains parcs pour augmenter la sécurité.
- Revoir l’aménagement devant Spectre de rue pour offrir un espace supplémentaire pour grandir de l’extérieur et voir à animer l’espace. On le voit, ça fonctionne dans le parc de l’Espoir ou à la place du Village.
- Un espace vert pour les personnes vulnérables devrait être envisagé.
- Mettre en place des conteneurs à déchets sécurisés permanents pour assurer une meilleure propreté.
Concertation :
- La Ville de Montréal devrait prendre le leadership de cette situation avec les parties prenantes.
- De nombreux participants soulignent l’importance de regrouper les personnes non logées, les commerces, les organismes, le SPVM, la Ville et les résident(e)s pour entamer une discussion et trouver des solutions ensemble, comme une table de concertation.
- Spectre de rue devrait offrir une présentation de ses services et de sa réalité aux personnes du secteur. Il est demandé d’augmenter la sensibilisation aux enjeux de cohabitation, d’organiser des activités de formation et de fournir des outils pour de l’aide au quotidien.
Suites et prochaines étapes :
- Les participant(e)s souhaitent qu’un rapport des discussions soit rendu disponible et que des suivis des actions mises en place dans le secteur soient organisés.
- Il est souhaité qu’une autre rencontre soit organisée en invitant tout le monde (personnes non logées, organismes, commerces, résident(e)s, etc.) pour travailler ensemble.
- Organisation d’activités ou transmission d’information et de sensibilisation aux questions entourant la cohabitation et l’itinérance.
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