Travailleurs de l’ombre : les responsables techniques aux arts de la scène
Sans eux, vous ne pourriez pas entendre la voix des artistes lors d’un spectacle ou voir les comédien(ne)s et les décors d’une pièce de théâtre. Éric Poulin et Jimmy Lapointe travaillent respectivement aux maisons de la culture Mercier et Maisonneuve comme responsables techniques production.
Bonjour Jimmy, bonjour Éric! Parlez-nous un peu de vous et de votre cheminement jusqu’aux Maisons de la culture de MHM.
Jimmy : Allô! Je suis un musicien, d’où mon intérêt pour des études en sonorisation. Je sais aussi faire l’éclairage, mais le son c’est vraiment ma spécialité! Je suis arrivé à la maison de la culture Maisonneuve en 2000 comme technicien de son, alors qu’elle était située au Collège de Maisonneuve. Parallèlement, j’occupais le poste de directeur technique à Verdun. Quand on m’a offert le poste de responsable technique à Maisonneuve, j’ai tout de suite accepté. J’adore cet endroit et j’y mets beaucoup de mon âme!
Éric : Je suis musicien et artiste autodidacte depuis belle lurette! Ma formation en électroacoustique m’a permis de rejoindre l’équipe de Tangente, à l’Agora de la danse en tant que technicien. Au fil du temps, j’ai réalisé que l’éclairage et les décors m’appelaient davantage. J’ai commencé à la Ville en 2006, au Théâtre de Verdure. Comme Jimmy, j’ai collaboré avec plusieurs Maisons de la culture, avant de devenir le responsable technique à Mercier il y a 13 ans.
Jimmy : Éric et moi avons fait beaucoup de tournées de spectacles avant de s’installer dans nos Maisons. Pour ma part, ça a été avec des compagnies de danse en Europe, aux États-Unis et au Canada. Je trouve que l’expérience en tournée est un avantage dans nos métiers.
Éric : Oui, on a vécu des situations dans lesquelles le service attendu n’arrivait pas, où on était carrément mal reçus. C’est très formateur, car on ne reproduit pas ces scénarios ici. On s’assure que chaque équipe artistique reçoit un service de qualité. On aime faire plaisir aux gens!
Vos expériences diversifiées sont un atout pour MHM! Concrètement, en quoi consiste le rôle de responsable technique?
Jimmy : D’abord, avant un spectacle, je m’assure que l’éclairage est réglé. Ensuite, pour la sonorisation, je me fie à la fiche technique fournie au préalable par l’équipe artistique - où doit-on placer les percussions, etc. On prépare la scène pour l’arrivée du band - moniteurs, filage, électricité pour les amplificateurs. Pour un groupe de musique, on a besoin de 20 à 32 micros. Chaque morceau de batterie, par exemple, a son micro. Quand le groupe arrive, on l’aide à décharger le camion et on installe les micros. Puis, vient le test de son, essentiel à la fois pour les musicien(ne)s et le futur public!
Éric : C’est varié! Analyser le calendrier des événements à venir, évaluer les besoins des productions pour être en mesure de monter les équipes et les horaires environ six mois à l’avance. Pour un événement plus complexe, comme du cirque, c’est six techniciens qui sont mobilisés, surtout pour le montage où on peut, par exemple, construire une maison pour un décor de théâtre, et le démontage. Il peut y avoir une journée de prémontage aussi. Pendant le test de son, on peut ajuster l’éclairage. Et je précise qu’il y a deux types de responsable technique : de bureau et de terrain. Je suis vraiment quelqu’un de terrain.
Moi aussi! Je ne fais pas que superviser le montage, j’y participe. À Maisonneuve, nos besoins sont différents et on fonctionne surtout en binôme, avec Carlos Vergara, le technicien artistique. Il peut y avoir des exceptions, comme le festival Petits bonheurs, où, pendant dix jours l’équipe est constituée de quatre ou cinq techniciens, ou lors des séances du conseil d’arrondissement en plein air, où nous soutenons la Division du greffe. Les équipes des deux Maisons collaborent aussi. On est vraiment soudés dans MHM!
Il y a beaucoup d’organisation en amont de l’arrivée des artistes! Qu’aimez-vous le plus dans votre travail?
Jimmy : Le côté live! Être sur le terrain et accueillir les équipes de production. J’ai un faible pour les band de jazz. Aussi, on a beaucoup de résidences de création à Maisonneuve, ce qui m’amène à travailler avec les artistes durant une semaine, alors j’ai plus de temps pour les conseiller, et ils repartent contents!
Éric : Faire l’éclairage en simultané avec les musicien(ne)s. On jongle entre initiative, liberté et contrôle. J’appelle ça de la peinture live en éclairage - ça influence les émotions du public durant la représentation. Chaque show a son défi et je ne m’ennuie jamais!
Quels sont les défis que vous rencontrez au quotidien? Avez-vous des contraintes physiques ou des enjeux avec des équipements qui vous obligent à porter une attention particulière en lien à la Santé, sécurité et mieux-être au travail (SSME), par exemple?
Éric : Il y a des risques de blessures qui viennent avec ce métier et on est très sensibilisés à cette possibilité. Le défi à Mercier, c’est la hauteur. Je travaille avec un harnais, penché à 40 pieds dans les airs pour installer des charges et j’utilise une nacelle pour ajuster les lampes d’éclairage. Je m’assure qu’il n’y ait personne en bas! On prend la sécurité, la nôtre et celle des autres, très à cœur.
Jimmy : Oui, on est prudents et on agit de manière préventive. C’est pourquoi tout ce qui est nacelle, mini-lift, etc. est inspecté rigoureusement à chaque année, en plus d’une inspection visuelle avant l’utilisation de chaque équipement. On tient un registre pour ceci et les employé(e)s ont suivi des formations sur la SSME. Dans mon cas, à Maisonneuve, on utilise surtout un genie lift et des escabeaux.
Votre rôle étant en coulisses des représentations, avez-vous un fait méconnu, plaisant ou surprenant au sujet de votre quotidien?
Je pense au lien de confiance qu’on développe particulièrement avec l’équipe d’une résidence de création, qui reste une semaine à la Maison. Elle a besoin d’assistance et de propositions. Il arrive que je monte un plan d’éclairage complet avec une console numérique pour que la compagnie puisse le réutiliser dans un autre espace ultérieurement. Les gens sont tellement reconnaissants! On ne fait pas que prêter nos locaux, notre mandat est aussi de fournir un soutien concret à la création. Je trouve cet aspect de mon métier valorisant.
Jimmy : Surprenant? La lutte! C’est profondément ancré dans l’ADN d’Hochelaga. Quand l’agent culturel, Yanick Thibault, a eu le déclic de faire des spectacles de lutte à Maisonneuve, il avait en tête d’ouvrir les portes de la Maison aux gens qui n’y viennent jamais. Ça attire un public hétérogène - des gens qui suivent la lutte depuis longtemps, et un public avide de découvertes. C’est rassembleur et très populaire, les billets s’envolent en trois minutes! On a créé un monstre! On voit les gens revenir et on est fiers. On a créé un vrai spectacle-événement avec l’organisme Promotion de lutte professionnelle, et il est reconnaissant parce que c’est la première fois qu’il a accès à des systèmes de son, d’éclairage et des techniciens professionnels.
En effet, les Maisons sont accessibles à tout le monde. Pourquoi, selon vous, devrait-on fréquenter les Maisons de la culture?
Éric : Ce qu’on propose est tellement diversifié! Du théâtre, de la danse, du cirque, de la musique, des films, des concerts, des expositions. Et, en plus de représenter un tremplin pour les artistes émergents, c’est une belle occasion pour le public de les découvrir avant qu’ils ne deviennent très populaires et que leurs spectacles soient moins accessibles. Ici, c’est gratuit!
Jimmy : Par exemple, des artistes comme Pierre Lapointe, Marie-Pierre Arthur, entre autres, ont commencé dans les Maisons de la culture. Les gens pourraient bien découvrir la future vedette du Québec en venant dans nos Maisons! Ça ne coûte rien et les spectacles sont de qualité. En plus, c’est accessible en transport en commun. Et, en parlant de variété, à Maisonneuve, on a aussi des cabarets scientifiques. Il y en a vraiment pour tous les goûts!
Consultez le calendrier pour voir les activités des Maisons de la culture en un coup d’oeil.
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