Des visages de solidarité dans Ville-Marie
La solidarité est bien vivante dans Ville-Marie! Nous vous présentons quelques-unes des personnes qui agissent chaque jour pour soutenir les plus vulnérables et renforcer le vivre-ensemble.
Un couple qui nourrit le cœur
André et Linda Faucher, bénévoles responsables de distribution alimentaire, fondateurs de l’organisme Un cœur pour les autres
Depuis près de 24 ans, André et Linda Faucher sont des visages rassurants pour des centaines de Montréalaises et Montréalais. Chaque semaine, ils préparent des repas, des sacs d’épicerie, du café, distribuent des vêtements, mais surtout, prennent le temps de discuter avec celles et ceux qui viennent les voir. André et Linda connaissent le nom et l’histoire de la majorité des personnes sur place, le couple joue le rôle de confident, de maître de la discipline ou de figure paternelle et maternelle pour certaines des personnes, en plus de fournir de quoi manger et se vêtir.
L’organisme Un cœur pour les autres, dont le couple est fondateur, ne compte sur aucune subvention pour assurer leurs opérations, mais seulement sur des dons et beaucoup de bras! Au départ composée de quatre personnes – soit André, Linda et deux de leurs filles –, leur opération a bien évolué et peut compter aujourd’hui sur l’engagement de près de 40 bénévoles qui assurent trois distributions alimentaires chaque semaine, dont une à Ville‑Marie, près de l’Îlot Voyageur. « On ne cherche même pas de bénévoles, explique André, on en a en masse! »
Aujourd’hui âgés de 79 et 77 ans, André et Linda pensent à assurer leur relève. Les deux ne pensaient pas s’impliquer aussi longtemps, mais l’attachement aux gens et le respect mutuel qui s’est bâti avec le temps les nourrissent eux aussi. Un couple qui vivait dans un abri et qui venait souvent est revenu plusieurs années plus tard pour leur dire qu’ils avaient trouvé une stabilité, un emploi et un endroit où rester. Ils en ont profité pour les remercier. « On ne le fait pas pour ça, mais c’est le fun de voir qu’on peut faire une petite différence », résume André bien humblement.
Si vous vivez de l’insécurité alimentaire et vous cherchez des ressources, communiquez avec le 211. Apprenez-en plus sur l’organisme Un cœur pour les autres.
Un duo bien visible
Gabrielle Cyr et Lamine Diabaté, Équipe de médiation communautaire de la Société de développement social, secteur Quartier des spectacles
Gabrielle et Lamine font partie de l’un des deux duos de l’équipe de médiation communautaire de la Société de développement social (SDS) qui est présente notamment dans le secteur du Quartier des spectacles. Beau temps, mauvais temps, le duo rencontre des personnes vulnérables, offre des références et intervient lorsque des tensions surgissent dans le partage de l’espace public.
À l’extérieur comme à l’intérieur, le duo circule, échange avec les partenaires, s’adapte, reste visible et à l’écoute, tout en prenant le temps de discuter avec les gens qui en ont besoin. Comme la confiance se construit sur la durée, le fait d’être toujours le même duo facilite le lien essentiel avec les personnes vulnérables et permet d’opérer des changements à long terme.
Le duo se donne pour mission de donner le plus de ressources possible à la personne, pour qu’elle ait toutes les cartes en main pour tenter de s’en sortir. « Quand ça fait longtemps qu’on n’a pas vu quelqu’un, on se dit : “ah, elle a peut-être utilisé la référence que je lui ai donnée pour se sortir de la rue”. Bizarrement, ne plus revoir quelqu’un, c’est parfois la plus belle réussite », confie Gabrielle. Et parfois, les résultats sont visibles. Récemment, des jeunes auprès de qui ils sont intervenus ont pu trouver un emploi grâce au service de deuxième ligne de la SDS, dont les bureaux se trouvent au complexe Desjardins et à la Grande Bibliothèque (BAnQ).
Vous pouvez repérer l’équipe de médiation communautaire grâce à leurs macarons jaunes et faire appel à eux pour intervenir lors de situations problématiques dans le partage de l’espace public. Apprenez-en plus sur cette équipe qui est présente dans plusieurs secteurs de l’Arrondissement et opérée par différents organismes depuis 2025.
Sur le terrain pour créer des liens
Narcis, agent de liaison en intervention sociale à l’arrondissement de Ville-Marie
Depuis trois ans, Narcis va à la rencontre de personnes en situation d’itinérance pour apaiser les enjeux de cohabitation, notamment autour des campements. Son rôle : évaluer la situation, répondre aux préoccupations des citoyen(ne)s et tenter de créer des liens entre les personnes vulnérables en campement et les ressources qui peuvent les aider.
Dans le cadre de son travail, il analyse les signalements reçus, se rend sur le terrain, discute avec les personnes concernées et prépare, au besoin, des interventions en collaboration avec l’ÉMMIS, les agents du SPVM et les équipes de propreté de l’Arrondissement. Issu du milieu de l’intervention sociale, il sait que les personnes rencontrées sont souvent dans un très grand état de vulnérabilité. Le respect demeure donc le mot d’ordre lors des interventions.
Ce qui le motive ? C’est de bâtir des ponts entre les résident(e)s, les organismes et les personnes vulnérables pour assurer un meilleur vivre-ensemble, et contribuer à sa mesure à sortir des personnes de la rue. Et parfois, ça réussit! En août 2024, lors d’une opération de déplacement, Narcis rencontre un homme qui est épuisé de vivre dans la rue. Grâce à ses contacts dans certains organismes, Narcis a réussi à lui trouver une place en hébergement. Lorsqu’il lui a annoncé la nouvelle, l’homme était ému aux larmes et a promis qu’il ne le reverrait plus jamais dans la rue. Chose promise, chose due : Narcis ne l’a effectivement jamais revu dans les rues de Ville-Marie. Pour lui, c’est dans ce genre d’exemple que son travail prend tout son sens.
Apprenez-en plus sur les actions de l’équipe de l’arrondissement de Ville-Marie ou écrivez-nous au [email protected] pour nous faire part de situations précises.
Créer un quartier solidaire
Gabe Morehouse-Anderson, travailleur(euse) de milieu, Spectre de rue
Emilie Roberge, coordonnatrice des équipes de proximité, Spectre de rue
Gabe et Emilie sont au cœur du nouveau programme Le Pommier, porté par l’organisme Spectre de rue. Leur objectif ? Créer un réseau de commerces et de lieux inclusifs et accueillants qui, selon leur réalité et leurs opérations, peuvent rendre accessibles différents éléments essentiels comme de l’eau, un accès à des toilettes, au Wi-Fi, à des invendus, etc.
Avec leurs années d’expérience dans le milieu, Gabe et Emilie savent qu’il est important d’accueillir les gens là où ils sont rendus en misant sur l’écoute, la médiation et le respect des réalités de chacun(e). Que ce soit une animalerie qui donne la nourriture invendue aux animaux de compagnie des personnes vulnérables, une librairie qui donne des livres à l’organisme ou un restaurant qui s’assure de garder les toilettes accessibles à toutes et tous, tous les gestes sont les bienvenus!
Le Pommier veut faciliter l’action collective. « Beaucoup de gens veulent aider, mais ne savent pas comment ou aident déjà, mais ont besoin de ressources », explique le duo. En offrant de la formation, des outils et un accompagnement humain et concret, le programme vient soutenir tous les gestes posés pour créer un réseau et une communauté encore plus solidaire et inclusive dans le Centre-Sud. L’idée de ce projet est de transformer le sentiment d’impuissance et d’inconfort en pouvoir d’agir, grâce à un réseau de gens et d’institutions engagées.
Pour en savoir plus sur le programme Le Pommier, consultez le site de Spectre de rue.
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