10 questions à Marie-Ève Auclair, bibliothécaire, planification centre Sanaaq

Mis à jour le 14 septembre 2021
Temps de lecture : 4 min

D’ici 2023, dans le quartier de Peter-McGill, le centre Sanaaq offrira une bibliothèque, une maison de la culture et des espaces sociaux pour des activités culturelles et sociocommunautaires. Marie-Ève Auclair a eu un rôle à jouer dans plusieurs grandes étapes de ce projet.

En quoi consiste ton métier?

Je planifie et j’aide à réaliser les nombreuses étapes qui concrétiseront le projet du centre Sanaaq : séances de travail avec l’équipe projet, de la culture, des bibliothèques et du développement social (tant à l’arrondissement qu’à la Ville centre), participation au comité technique du concours d’architecture pluridisciplinaire, analyse des plans et devis, sélection des futurs documents du centre, etc.

De plus, je travaille étroitement avec les organismes et les citoyen-ne-s du quartier de Peter-McGill afin d’écouter leurs besoins et de concevoir un centre qui y répond. Finalement, il y a tout un volet recherche dans mon travail concernant ce qui se fait de similaire dans le monde, les meilleures pratiques, etc. En jumelant mes recherches avec les besoins de la communauté, je peux émettre des recommandations pertinentes pour le centre.

Quel est ton objectif pour le centre, dans tes mandats?

Mon but, c’est que le centre soit un endroit innovant  et inclusif qui serve à tous les groupes de la société : aîné-e-s, étudiant-e-s, familles, nouvelles arrivantes et nouveaux arrivants, membres de la communauté LGBTQ2S+, jeunes et populations vulnérables. Pour ce faire, le projet se développe en community-led, c’est-à-dire de développement et de programmation avec la communauté.

Afin de bien saisir les aspirations pour ce nouveau lieu, j’ai rencontré des citoyen-ne-s lors de rassemblements populaires comme les vendredis autochtones au Square Cabot, j’ai participé à des barbecues communautaires et à des épluchettes de blé d’Inde, j’ai effectué des présentations directement dans les milieux de vie des gens, dont des HLM pour personnes âgées et des associations de parents. Enfin, j’ai travaillé étroitement avec les organismes communautaires du quartier et avec la table de quartier locale.

Depuis combien de temps travailles-tu sur ce projet?

J’ai commencé mon travail de planification en janvier 2019, dès que le projet est devenu plus concret. Mais les organismes du quartier de Peter-McGill, notamment la Table de quartier, participent au processus Sanaaq depuis bien plus longtemps que cela. Dès 2015, lorsque le gouvernement du Québec a annoncé qu’il y aurait une requalification de l’ancien terrain de l’Hôpital de Montréal pour enfants, les organismes ont demandé à ce qu’il y soit construit un centre communautaire. C’est à leur demande que l’arrondissement a fait réaliser une étude de besoins. 

Que faisais-tu avant cela?

Je suis entrée à la Ville de Montréal en 2012 comme aide-bibliothécaire à la bibliothèque Marc-Favreau et j’étais même présente lors de son ouverture. Puis, en 2016, je suis devenue bibliothécaire  hors les murs à l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Je me déplaçais sur le terrain pour rencontrer les gens dans les parcs, les écoles ou les centres communautaires afin de leur offrir des services de médiation du livre, c’est-à-dire favoriser une rencontre entre les gens et une œuvre littéraire, par une heure du conte dans un parc, par exemple. Mais avant d’intégrer la Ville, j’ai aussi travaillé dans un centre d’artistes et dans différents musées, d’où la raison pour laquelle le projet Sanaaq m’interpelle autant!

Quel est ton parcours?

J’ai obtenu un baccalauréat en histoire de l’art, puis une maîtrise en muséologie, spécialisée dans les collections et dans les expositions. Par la suite, j’ai fait une deuxième maîtrise, cette fois en bibliothéconomie, puis j’ai pris des cours de gestion. Beaucoup d’études, mais qui me servent dans plusieurs facettes de mon emploi. 

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail?

Le fait de travailler dans des équipes multidisciplinaires et d’avoir l’occasion de rencontrer des gens qui sont différents de moi me fait sortir de ma bulle et de mes centres d’intérêt, ce que je trouve super intéressant. Mais ma motivation ultime, c’est que je sais qu’à terme, ce projet fera vraiment une différence dans la vie des citoyen-ne-s. C’est un immense privilège d’en faire partie!

Qu’est-ce qui t’a le plus marquée jusqu’à présent dans le projet?

L’énergie et la passion que les gens y mettent, tant mes collègues que les citoyen-ne-s. J’ai découvert des collègues vraiment passionné-e-s, qui ne comptent pas leurs heures et qui veulent vraiment donner le meilleur pour le projet. Même chose pour les citoyen-ne-s : leur engagement transparaît dans leurs émotions et dans leurs actions. 

D’où proviennent toutes tes idées créatives?

D’abord, de ma passion pour mon métier : je suis attentive et je surveille sur Internet tous les projets similaires qui sortent un peu partout dans le monde. Mes études et mon expérience de travail m’aident aussi. Je peux donc dire que c’est à la fois par intérêt professionnel et personnel, par mon parcours universitaire et, finalement, grâce à mes collègues, avec qui on échange toutes nos idées de façon très collégiale, et aux citoyen-ne-s, qui m’inspirent constamment.

Le centre Sanaaq sera-t-il ouvert aux gens qui ne résident pas dans Peter-McGill?

Bien sûr! En fait, c’est un bâtiment municipal montréalais, donc toutes les Montréalaises et tous les Montréalais peuvent y avoir accès, comme toutes les bibliothèques et les maisons de la culture de Montréal. 

Pourquoi les gens devraient-ils connaître ton métier?

Parce que ça peut les rassurer sur ce qui s’en vient. Ils ont transmis leurs opinions avec passion, et on les a vraiment écoutés. De plus, je peux témoigner que toute personne prenant part à ce projet a vraiment à cœur de servir la population du quartier. On veut améliorer la qualité de vie des gens et on est à l’écoute de leurs besoins afin d’arriver avec un résultat correspondant à tout ce qu’ils souhaitent. Tout a été réfléchi pour eux, mais surtout, avec eux.

Le projet du centre Sanaaq est financé dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal conclut entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec.