Le Grand Prix du livre de Montréal 2021 : les finalistes

Mis à jour le 8 novembre 2021
Temps de lecture : 6 min

Découvrez les 5 finalistes de l’édition 2021 du Grand Prix du livre de Montréal.

Laissez-vous inspirer par les lectures qui ont marqué les membres du jury cette année. Elles sont disponibles à votre bibliothèque de quartier ou en numérique. N’hésitez pas à réserver votre exemplaire. 

Les finalistes

Le jury a retenu les 5 ouvrages suivants :

Désormais, ma demeure, de Nicholas Dawson, éditions Triptyque

Désormais, ma demeure, de Nicholas Dawson, éditions Triptyque

Commentaire du jury

« Nicholas Dawson nous offre le journal d’une traversée du désert qui englobe avec courage et sincérité les thèmes de l’exil et de l’étrangeté de l’immigrant. Avec le point de vue aiguisé du citoyen racisé et queer, l’auteur nous révèle comment son histoire « appartient à un système qui n’a cessé de [l]’exclure en tant que sujet ». L’introspection va donc beaucoup plus loin que la perspective individuelle dans cette œuvre hybride enrichie d’échos espagnols et anglais. On va du journal à la théorie en passant par le commentaire et la photographie. Désormais, ma demeure est une nouvelle voix, une lumière inédite dans le corpus littéraire foisonnant de la mélancolie. Le jury a été convaincu par cette quête d’une grande profondeur menée avec intelligence et sensibilité. »

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Biographie de l'auteur

Né au Chili, Nicholas Dawson détient une maîtrise en études littéraires et fait une thèse de doctorat en études et pratiques des arts. Rédacteur en chef de la revue Mœbius, il dirige également la collection « Poèmes » aux éditions Triptyque.

Crédit photo : Cédric Trahan

Nicholas Dawson

Okinum, d’Émilie Monnet, éditions Les Herbes rouges

Okinum, d’Émilie Monnet, éditions Les Herbes rouges

Commentaire du jury

« Okinum, d’Émilie Monnet, est un objet de beauté musicale où le français, l’anglais et l’anishnaabemowin forment un chœur. Dans cette oraison qui monte de la terre, la maladie est une image qui nous concerne toutes et tous et la parole est la magie opérante. Okinum est un texte-médecine, le récit d’un portage vers la guérison. La figure d’Amik le castor devient le symbole d’une conscience “obligé[e] de constamment travailler“ pour rester en vie, pour éviter que la gorge s’étrangle avec ses propres dents. La vulnérabilité, nous dit l’autrice, “est un privilège / qui ne nous est pas donné à nous“. Le jury a reconnu dans Okinum, un texte senti, un texte de force, à la fois chamanique et moderne, dans une tribune qui cherche l’alliance. »

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Biographie de l'autrice

Née d’une mère anishinaabe et d’un père d’origine française, Émilie Monnet propose une démarche artistique ancrée à même ses origines et sa culture autochtones. Elle a fondé les Productions Onishka (« réveille-toi ») afin de tisser des liens entre artistes de différents peuples autochtones.

Crédit photo : Christian Blais

Émilie Monnet

La patience du lichen, de Noémie Pomerleau-Cloutier, éditions La Peuplade

La Patience du lichen

Commentaire du jury

« La patience du lichen est un travail d’envergure fait de témoignages, de poèmes, de réflexions et de tableaux qui tentent de nous redonner l’univers de la Côte-Nord en ce qu’il a d’humain et de grandiose. “Je voudrais pouvoir […] dire la force qui soude ces femmes et ces hommes à cette terre frangée de centaines d’îlots, de plages et de passages“, nous dit la poète. La patience est ici indice du temps dans l’immensité boréale, et le lichen, cet être duel, devient le signe d’un enracinement prodigieux. Le jury a été convaincu par l’entreprise de Noémie Pomerleau-Cloutier, y voyant un véritable exploit narratif. Avec ses incursions dans les misères de la vie matérielle et dans la sagesse des gens de la Côte-Nord, ce recueil polyphonique, à la manière d’une somme, arrive à cerner le mystère de la “frontière entre le territoire et l’humain“. »

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Biographie de l'autrice

Originaire de la Côte-Nord, Noémie Pomerleau-Cloutier est formatrice en alphabétisation populaire et s’implique dans des projets qui démocratisent la poésie.

Crédit photo : Laurence Grandbois-Bernard

Noémie Pomerleau-Cloutier

Permanent Revolution, de Gail Scott, éditions Book*hug Press

Permanent Revolution, de Gail Scott, éditions Book*hug Press

Commentaire du jury

« Qu’est-ce qu’une héroïne tragique? C’est le genre d’exploration que propose Gail Scott, une autrice devenue au fil des décennies une véritable icône de la scène littéraire montréalaise. Son rapport à l’écriture est nourri d’une grande expérience et d’une sagacité étonnante. Pour elle, “writing is a matter of ear :  it is what one hears in words on a page that takes work out of the straitjacket of commodifying literary conventions“. L’humour, l’érudition et une attention à la matière des mots créent une spirale de réflexions tout à fait captivante, spirale appelée à des révolutions permanentes car, comme le titre de l’ouvrage le suggère, Scott n’hésite pas à réactualiser ses propositions. Radicale et constamment curieuse, l’intelligence à l’œuvre dans ce recueil de textes, pour peu qu’on s’y ouvre, est résolument jouissive. »

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Biographie de l'autrice

Gail Scott  est une autrice qui vit à Montréal. En 2001, elle figurait dans la liste des finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général pour sa traduction en anglais du roman Le désarroi du matelot de Michael Delisle. En 2011, son livre The Obituary était finaliste du Grand Prix du livre de Montréal.

Crédit photo : Leila Marshy

Gail Scott - Crédit : Leila Marshy

Rien du tout, d’Olivia Tapiero, éditions Mémoire d’encrier

Rien du tout, d’Olivia Tapiero, éditions Mémoire d’encrier

Commentaire du jury

« Olivia Tapiero nous offre avec Rien du tout un réquisitoire d’une force inouïe qui emprunte sa rhétorique à l’essai, au témoignage et à la poésie. Dans ce texte qui puise aux pulsions les plus occultes, la poète aborde des thèmes actuels et n’épargne personne. La poète refuse de se laisser approprier par la nation ou le patriarcat et elle nomme les objets de sa révolte : le viol et le colonialisme. Porteuse de “la colère de celles qu’on a fait taire“, la violence ici est tantôt murmurée, tantôt hurlée dénonçant“ cette dette qui est celle de tous les enfants d’immigrés, l’obligation d’être heureuses, c’est-à-dire l’obligation d’être aussi blanches que possible”. Le jury a été impressionné par ce texte fougueux qui cherche une manière d’appartenir à un monde qui “n’est pas fait à [sa] démesure“. »

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Biographie de l'autrice

Olivia Tapiero est écrivaine et traductrice. Membre du comité de rédaction de la revue Moebius, elle a contribué à plusieurs publications, dont Estuaire, Liberté, Lettres québécoises, et Tristesse.

Crédit photo : Hamza Abouelouafaa

Olivia Tapiero. Crédit : Hamza Abouelouafaa

La Sélection du jury

En plus des finalistes, les 5 titres suivants faisaient également partie de la sélection du jury :

L'œil du maître, de Dalie Giroux, éditions Mémoire d’encrier

L'œil du maître, de Dalie Giroux, éditions Mémoire d’encrier

Commentaire du jury

« L’œil du maître se démarque nettement de la production courante. L’autrice y déconstruit le projet indépendantiste sous l’angle de la décolonisation. Science et expérience personnelle créent ici une réflexion nécessaire. Vive critique de notre société actuelle, le travail de Dalie Giroux fait état des violences contre les peuples autochtones et interroge notre propre histoire. »

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Biographie de l'autrice

Née à Lévis, au Québec, Dalie Giroux, essayiste, renouvelle la tradition pamphlétaire québécoise. Elle enseigne les théories politiques et féministes à l’Université d’Ottawa. Elle a publié chez Mémoire d’encrier Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire en 2019.

Crédit photo Jake Wright

Dalie Giroux

L'état sauvage, de Pierre Ouellet, éditions Druide

L'état sauvage, de Pierre Ouellet, éditions Druide

Commentaire du jury

« Dans ce roman généreux qui a pour cadre la nature laurentienne, l’auteur explore notre relation à la terre. La langue de Pierre Ouellet se marie à la forêt et à la vie. Cette grande traversée est également une quête spirituelle, une histoire de naissance et de renaissance à la nature primordiale. »

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Biographie de l'auteur

Pierre Ouellet est poète, romancier, essayiste. Écrivain « hors genre », il est l’auteur d’une quarantaine de livres, pour lesquels il a notamment reçu de nombreux prix et distinctions. Le gouvernement du Québec lui a décerné en 2015 le prix Athanase-David pour l’ensemble de son œuvre.

Crédit photo  : Alexis K. Laflamme

Pierre Ouellet

Em, de Kim Thúy, éditions Libre Expression

Em, de  Kim Thúy, éditions Libre Expression

Commentaire du jury

« Avec la finesse et la simplicité qu’on lui connaît, l’autrice plonge ici dans le versant horrible de son histoire : la guerre et la désillusion qui s’ensuit. La survie, aussi. Les tableaux sont parfois durs. En abordant l’injustice et la tragédie de façon posée, Kim Thúy nous offre un livre original et troublant. »

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Biographie de l'autrice

Kim Thúy a quitté le Vietnam avec les boat people à l’âge de 10 ans afin de s’installer avec sa famille au Québec. Elle a reçu plusieurs distinctions, dont le Prix littéraire du Gouverneur général 2010, et a été l’une des 4 finalistes du Nobel Alternatif en 2018. Vendus à travers le monde, ses livres sont traduits en 29 langues et disponibles dans 40 pays et territoires.

Crédit photo : Carl Lessard

Kim Thuy. Crédit : Carl Lessard

Mon frère Paul, de Marité Villeneuve, éditions Del Busso

Mon frère Paul, de Marité Villeneuve, éditions Del Busso

Commentaire du jury

« Mon frère Paul raconte le parcours de Paul Villeneuve, comète de la littérature québécoise qui nous permet de revivre l’effervescence des années 70. Une enquête menée par la sœur de l’écrivain retrace son itinéraire de ses débuts prometteurs jusqu’à l’oubli. Le roman pose des questions fascinantes sur l’écriture et la lutte politique. »

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Biographie de l'autrice

Originaire de Jonquière, Marité Villeneuve se consacre à l’écriture depuis plusieurs années. « Mon frère Paul » est le dixième livre de l’autrice.

Marité Villeneuve

We, Jane, d’Aimee Wall, éditions Book*hug Press

We, Jane, d’Aimee Wall, éditions Book*hug Press

Commentaire du jury

« Dans une langue étonnante, Aimee Wall se demande comment faire sa place dans le monde en dehors des structures proposées, loin des normes, loin des exigences de la réussite sociale. Les femmes du roman interrogent leur mission d’existence et trouvent la réponse du côté de la communauté. Le jury a été impressionné par la modernité du style de cette œuvre. »

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Biographie de l'autrice

Native de Terre-Neuve, Aimee Wall est autrice et traductrice. Ses essais, ses nouvelles et ses critiques ont paru dans de nombreuses publications, notamment le Maisonneuve, le Matrix Magazine, le Montreal Review of Books et le Lemon Hound. « We, Jane » est son premier roman. Elle vit à Montréal.

Crédit photo : Richmond Lam

Aimee Wall. Crédit : Richmond Lam

Le lauréat

Découvrez le lauréat 2021.

Le jury du Grand Prix du livre de Montréal 2021

Le jury du Grand Prix du livre de Montréal 2021 est représentatif de différents secteurs de l’industrie du livre et des courants littéraires et intellectuels contemporains montréalais.

Michael Delisle, président

Michael Delisle publie depuis une quarantaine d’années de la poésie, des romans et des nouvelles. Il a notamment remporté le prix Nelligan en 1987 pour Fontainebleau et vient de faire paraître « Rien dans le ciel », un recueil de nouvelles aux éditions du Boréal. Il vit à Montréal.

Crédit photo : Julien Faugeres

Marie-Célie Agnant

Marie-Célie Agnant a publié poésie, romans, nouvelles et littérature jeunesse. Le prix Alain-Grandbois, de l’Académie des Lettres du Québec, lui a été décerné en 2017 pour son troisièmerecueil de poésie, « Femmes des Terres brûlées », publié aux Éditions de La Pleine Lune. 

Crédit photo : Alain Lefort

Arianne Des Rochers

Originaire de Tio’tia:ke/Montréal, Arianne Des Rochers est traductrice littéraire, professeure en traduction à l’Université de Moncton, et chercheuse. Elle fait également de la révision et de l’accompagnement éditorial dans le milieu du livre montréalais.

Crédit photo : Annie France Noël

Ayavi Lake

Ayavi Lake a grandi à Dakar et a fait ses études à Paris où elle a publié 2 œuvres avant de s’installer au Québec et d’enseigner au cégep. Ces 3 territoires habitent ses écrits. En 2019, elle publie « Le Marabout » (VLB), lauréat du Prix Horizons imaginaires 2020, qui est en cours d’adaptation cinématographique. 

Crédit photo : Mélanie Crête

Luke Langille

Luke Langille est libraire depuis plusieurs années chez Drawn & Quarterly, une librairie bilingue dans le quartier Mile-End, à Montréal. Il s’intéresse de près à la littérature montréalaise et québécoise ainsi qu’à la bande dessinée.

Pierrot Ross-Tremblay

Pierrot Ross-Tremblay (Innu de la communauté Essipit) est professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada en traditions intellectuelles et autodétermination des Premiers Peuples à l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur la mémoire et l’oubli et les souverainetés narratives, normatives et territoriales des peuples autochtones.

Crédit photo : Rachel Bergeron

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