Le parc Frédéric-Back : une métamorphose unique

Mis à jour le 23 août 2021
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Fruit d’une transformation amorcée en 1995, ce parc est aujourd’hui l’un des plus ambitieux projets de réhabilitation environnementale jamais entrepris en milieu urbain en Amérique du Nord.

Situé au cœur du Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM), le parc Frédéric-Back constitue la transformation audacieuse du site d’une ancienne carrière de calcaire utilisée ensuite comme lieu d’enfouissement de matières résiduelles. À l’issue des travaux, le parc occupera 153 des 192 hectares du CESM et comprendra plusieurs secteurs offrant des ambiances diversifiées. Avec une superficie voisine de celle du parc du Mont-Royal, le parc Frédéric-Back sera l’un des plus grands espaces verts de Montréal.

Ce parc métropolitain offre déjà une gamme d’activités à la fois culturelles, éducatives, sportives et récréatives, qui contribuent à la qualité de vie de la population riveraine et montréalaise.

Les nouveaux aménagements

Les aménagements inaugurés à l’été 2021 (secteurs de la Plaine Est, du Boisé Sud, de Jarry Est et d’Iberville Nord), permettent d’ajouter pas moins de 14 nouveaux hectares (la dimension de 20 terrains de football) au centre du parc, ainsi que le réaménagement complet de 5 hectares existants. Ce nouvel espace est ponctué d’aires de pique-nique, de belvédères, de haltes, de chaises longues, de parasols colorés et des désormais célèbres sphères.

Favoriser l'économie circulaire

Plusieurs tonnes de matériaux ont été valorisés au cours de cette phase d’aménagement:

  • 200 000 tonnes métriques de sols d’excavation, 
  • 40 000 tonnes de sable, 
  • 10 000 tonnes de gravier, 
  • 24 000 tonnes de feuilles compostées sur place, 
  • 10 000 tonnes de copeaux de bois récupérés des opérations d’élagage de la Ville.

Les matériaux valorisés auront notamment servi à la conception de bancs (faits de frênes abattus), à la création de nouveaux chemins et sentiers (faits de résidus d’écaillage des falaises). Le terreau du parc est entièrement composé de sols récupérés des chantiers, de copeaux de frênes abattus, de compost issu des feuilles ramassées dans les rues de Montréal et de sable, en partie récupéré lors des inondations.

Afin de verdir le parc et de lutter contre les îlots de chaleur, pas moins de 525 arbres, 17 800 arbustes et vivaces et plus de 5 types d’ensemencement d’herbacés, nécessitant peu d’eau et adaptés aux conditions particulières du site, ont été plantés dans ce nouveau secteur. Ils sont entretenus selon une approche qui favorise la biodiversité et la diminution de l’empreinte écologique.

Un aménagement paysager audacieux

D’une ampleur colossale, les travaux d’aménagement ont posé des défis constants, que les architectes paysagistes ont vu comme autant d’opportunités pour créer un parc au design peu commun. Les vallons où sont enfouis les matières résiduelles, plus susceptibles de bouger en raison de la décomposition des déchets, deviennent des plaines plantées d’herbacées. Les fossés créés pour gérer les eaux de pluie accueillent fleurs, papillons et pollinisateurs. Sur la colline formée de déchets solides, un boisé permet d’admirer de l’art public et des vues imprenables sur la ville. Et à l’ombre des falaises de l’ancienne carrière prendra place un lac offrant activités nautiques et sportives.

Des sphères intrigantes

Marqueurs identitaires majeurs du lieu, les sphères sont en quelque sorte le reflet de l’histoire du site. Sous nos pieds, 40 millions de tonnes de déchets se décomposent encore, produisant des biogaz ainsi qu’un liquide, appelé lixiviat. Ces 2 éléments sont gérés étroitement par la Ville pour éviter toute contamination de l’air, du sol ou de l’eau. 

Outre leur apparence intrigante, les sphères servent plus précisément à recouvrir les puits de captage de biogaz. Le méthane, contenu dans le biogaz, est l’un des principaux éléments responsables des changements climatiques. Sous le sol, pas moins de 200 puits de captage, reliés par un réseau de 17 kilomètres, permettent de pomper le biogaz jusqu’à une centrale où il est utilisé pour produire de l’électricité. On évite ainsi de produire 1 800 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions d’environ 450 voitures. Le design unique des sphères a par ailleurs remporté le Grand prix du design 2018 dans la catégorie Mobilier urbain.

Une réhabilitation exemplaire

En plus de mettre en valeur l’histoire et les paysages spectaculaires du site, ce parc amène la population à mieux comprendre le rôle de toutes les espèces vivantes dans la nature urbaine, à découvrir les choix d’aménagement durables qui favorisent la biodiversité et la création d’écosystèmes durables. Sa réhabilitation exemplaire, qui inspire partout dans le monde, a déjà permis aux oiseaux, insectes, petits mammifères et amphibiens de revenir dans ce site autrefois hostile, pour le grand bonheur des amateurs de nature.

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