Une tradition culturelle bien enracinée à Anjou

Mis à jour le 18 novembre 2022
Temps de lecture : 4 min

En novembre, Montréal souligne les 40 ans de culture dans l’ensemble de ses quartiers. Pour l’occasion, Anjou vous présente un dossier spécial incluant un volet historique et des témoignages de citoyennes et de citoyens qui y ont à cœur la culture.

Événement signature du 40e

Témoignages

Andrée Hénault, conseiller de la Ville pour l’arrondissement d’Anjou, élue depuis 1989 et résidente d’Anjou depuis 62 ans.

Qu’est-ce que la culture représente pour vous?
C’est nécessaire! C’est notre préoccupation de servir l’ensemble de la population du mieux possible et la culture est un univers qui rejoint tout le monde. Il est important de souligner que toutes les activités culturelles sont gratuites à Anjou. Petits et grands ont accès à une proposition variée allant des spectacles populaires aux classiques en passant par les arts du cirque, etc.

Nos bibliothèques présentent une belle façon de faire découvrir la culture aux enfants, par le biais de la lecture, des ateliers artistiques et des spectacles. On les accompagne tout au long de leur vie. Le cinéma en plein air et les fêtes de quartier prennent le relais à l’adolescence et les spectacles grand public attirent toute la famille. 

Comment l’offre culturelle s’est-elle développée au fil du temps?
On est partis de rien et ont a créé un beau monde de culture. Anjou ne possède pas de bâtiment qui y est dédié pour l’instant, mais elle a une âme culturelle. Nous nous sommes adaptés à cette réalité et cela a donné lieu à une décentralisation des activités. On se sert de tous nos lieux pour diffuser la culture : les parcs, le centre communautaire, les bibliothèques et même les rues. L’été à Anjou, un grand nombre d’activités pour tous les goûts sont présentées chaque semaine.

Comment entrevoyez-vous l’avenir de la culture à Anjou?
Lorsque la place des Angevins a été inaugurée en 2017,  Anjou s’est doté d’un lieu de rassemblement central. Mais l’endroit avait cette vocation non formelle depuis bien avant. Durant les années 80, je me souviens de spectacles qui ont rassemblé des centaines de personnes assises dans ses pentes gazonnées. 

Une maison de la culture nous permettra un jour d’élargir  l’offre de spectacles durant l’hiver, mais également d’offrir un lieu de rencontre et d’expression formel aux citoyens. Ce sera un nouvel espace culturel qui fera la fierté des angevins et que chacun pourra s’approprier selon toutes les formes d’arts.

Pierrette Bergeron est présidente de l’organisme Culture à la carte. Elle habite Anjou depuis 37 ans.

Comment vous êtes-vous intéressée à Culture à la carte?
Je suis une abonnée à plusieurs théâtres depuis que je suis toute jeune. Au bout d’un certain temps, je cherchais à retrouver une plus grande variété de contenus et de styles. C’est ce que Culture à la carte nous amène à découvrir : des pièces moins conventionnelles et des classiques revisités. 

Qu’est-ce que l’organisme vous permet? 
Montréal possède une scène exceptionnelle qui nous permet d’avoir accès à un vaste choix de productions. C’est un privilège de bénéficier de pièces présélectionnées par des membres de l’organisme ainsi que de pouvoir utiliser l’indispensable autobus d’Anjou pour nos déplacements. 

Quel est son gain pour les citoyens d’Anjou?
Comme Anjou ne dispose pas de grande salle de spectacle, il est souvent nécessaire de s’éloigner pour profiter des plus grandes productions. Culture à la carte  permet de joindre des citoyens pour lesquels cela représente un plus grand défi, comme les personnes âgées ou seules. C’est un apport important pour les aider à socialiser et à s’épanouir au contact de la culture.

Malik Emanuel St-Cyr est élève à l’école Saint-Joseph. Il a récemment participé au projet en médiation culturelle Chante, Edmond ! 

En quoi consistait ta participation au projet?
Avec les élèves de ma classe, j’ai appris comment on prépare un spectacle avec de vrais artistes. On découvrait diverses disciplines pendant plusieurs semaines : on a vu des notions de chant classique, d’illustration, d’écriture de récit et de jeu théâtral. Ensuite, on devait jouer devant un public. Notre professeur nous avait dit qu’on jouerait devant un public de 3000 personnes, mais heureusement c’était moins!

Qu’as-tu le plus apprécié?
J’ai aimé les ateliers sur le jeu théâtral. Au début, je trouvais ça un peu ennuyant lorsqu’on devait écrire nos récits sur papier. Mais quand on a mis les papiers de côté pour pratiquer, j’ai commencé à vraiment aimer ça. J’ai adoré faire équipe avec mes amis de classe et préparer le spectacle, de même que de jouer devant un public.

Qu’est-ce que ton expérience t’a apportée?
J’étais fier de ce que nous avons réalisé ensemble. C’était motivant de travailler sur un vrai projet avec toute la classe. J’ai appris en m’amusant.

Langis Dumont est un retraité passionné de spectacles. Il réside à Anjou depuis 45 ans. 

Quel est votre rapport avec la culture d’Anjou?
Cela fait environ 8 ans que je suis fidèle aux spectacles culturels, en été comme en hiver. J’ai beaucoup plus de temps maintenant que je suis à la retraite. Le fait que les spectacles soient offerts en semaine est idéal puisque ça libère les fins de semaine pour les activités familiales. 

Qu’appréciez-vous particulièrement?
J’apprécie spécialement les spectacles de musique. La programmation d’Anjou présente souvent de nouvelles découvertes que je n’oserais pas faire si le coût des billets était très élevé ou le spectacle éloigné. J’apprécie aussi le lien d’intimité avec les artistes. Mes sorties sont toujours remplies de belles surprises et je ne suis jamais déçu.

Que vous apportent vos sorties sur le plan personnel?
L’offre culturelle m’apporte un aspect de socialisation très important pour moi. Mes sorties me permettent de garder le contact avec mon réseau et de demeurer actif. L’été, les spectacles permettent de bouger, de m’amuser et de danser. J’y amène souvent mes enfants et petits-enfants!

Dany El-Agha est un professeur de musique d’origine libanaise qui réside à Anjou depuis 22 ans. 

Quel est votre plus lointain souvenir de la culture à Anjou ? 
À l’origine, comme j’avais de jeunes enfants, je me rappelle avoir participé à de nombreuses activités qui leur étaient adressées, comme le cinéma en plein air, la lecture à la bibliothèque ou les fêtes de quartier. Ils ont eu la chance d’être initiés très tôt à la culture.

Qu’est-ce qui vous a incité à participer aux activités culturelles ?
La gratuité et la proximité m’ont grandement influencé. Je ne crois pas que ma famille et moi aurions eu ce contact aussi direct avec les arts s’il avait fallu nous déplacer au centre-ville, acheter des billets, trouver du stationnement…

Quels sont vos récents coups de cœur ?
La culture à Anjou se distingue par sa grande variété de genres. Toutefois, la musique étant mon métier, mes coups de cœur sont davantage associés aux concerts classiques. Nous avons un grand privilège de pouvoir recevoir l’ensemble I Musici. Le récent concert pour piano et violoncelle consacré à Debussy m’a également marqué en présentant une autre facette du compositeur.

Historique

Le réseau des Maisons de la culture dont l’anniversaire est célébré réfère davantage à une philosophie culturelle qu’au concept de « maison ». Cette philosophie s’exprime à travers les échanges culturels, l’engagement du milieu à la déployer, la diffusion d’art sous diverses formes et l’incubation de projets artistiques. Cette tradition s’enracine au sein de la communauté d’Anjou depuis plus de 60 ans. Voici quelques jalons de son histoire. 

1963 - Festival des jeux dramatiques 

Présenté par les jeunes du Service des parcs et terrains de jeux d’Anjou, il obtient un succès sans précédent grâce à ses spectacles humoristiques et de variétés, dont un tour de chant de Paolo Noël.

1967 - Naissance de l’organisme Éveil musical d’Anjou

1968 - Inauguration de la bibliothèque municipale d’Anjou 

À l’origine, la bibliothèque compte quelque 2 000 livres et est localisée à l’école Chénier. Par la suite, elle déménagera à trois reprises, pour finalement s’installer au sous-sol du nouvel hôtel de ville. Au début des années 1980, elle compte plus de 25 000 livres.

Les années 1970

La période des festivals

La décennie est marquée par plusieurs festivals et fêtes durant la saison estivale, comme la fête du maire, la fête de mai, Imagination en fête, etc. Pas moins de 33 organismes sont responsables de leur organisation et de la tenue de spectacles populaires très courus.
Spectacle populaire archives Anjou

1973 - Naissance du centre culturel Anjou 

Cours de peinture, de tricot, de macramé et de yoga s’y succèdent. Viennent ensuite la danse sociale, la couture, le vitrail et la courtepointe. En 1983, non moins de 700 citoyens le fréquentent et expriment leur créativité.

1974 - Festival des pluies

Événement phare tenu à Anjou durant 15 éditions. Nombre de vedettes y défilent. Le festival possède même sa chanson officielle, Viens voir Anjou, interprétée par Aglaé, la conjointe du pianiste Pierre Roche. En 1988, Anjou en fête prend la relève.
Festival des pluies archives Anjou

1976 - Anjou prend son envol 

Grande fête marquant la levée de la tutelle imposée à Anjou à la fin des années 1960, l’événement se termine en danse et en musique avec la visite du premier ministre Robert Bourassa.

1977 - Ouverture du Centre des arts

Les années 1980 

La bibliothèque au cœur de la culture

L’ouverture de la nouvelle bibliothèque marque l’essor de la culture à Anjou. Elle joue en quelque sorte le rôle de maison de la culture.

1980 - Aménagement d’une œuvre d’art extérieure

À la suite d’un concours d’artistes, Anjou érige sur la terrasse du Val-d’Anjou une sculpture toujours présente et signée Robert Nepveu.
Sculpture archives Anjou

1984 - Ouverture de la bibliothèque publique (aujourd’hui Jean-Corbeil)

Édifice vaste et lumineux comptant plus de 90 000 documents, la bibliothèque accueille auteurs et conférenciers, et permet la tenue d’expositions, la prestation de concerts et la projection de films. L’organisme le CACBA y offre chaque mercredi des événements littéraires. Lors de l’inauguration, le compositeur Sylvain Lelièvre agit comme président d’honneur et reçoit les artistes Hubert Loiselle et Jacques Benoît.
Lelièvre archives Anjou

1986 - Instauration de la fête de la rentrée 

L’événement familial comporte un cachet culturel important : exposition de photos, dictée du maire, vente de livres d’occasion, concours de lecture d’été, exposition d’oeuvres d’artistes locaux, dont Charles Garo en 1997, Claude Bélanger, Claude Parent et Gisèle Rivard. La journée portes ouvertes lui succédera.

1986 - Journée consacrée aux arts 

Organisée dans le cadre du 30e anniversaire de la fondation d’Anjou, cette fête se consacre à la peinture, à la sculpture, à la reliure et à la musique. L’Orchestre symphonique des jeunes d’Anjou, fondé en 1977, y donne un concert.

Les années 1970

Les grands concerts

Anjou reçoit plusieurs grands musiciens. Le célèbre orchestre de chambre canadien qui a déjà joué pour le président Gorbatchev de l’ex-URSS et pour le premier ministre français, Michel Rocard, s’y produit à deux reprises. Lors d’un grand concert offert par l’Orchestre symphonique de Montréal, plus de 12 000 personnes se rassemblent.

1990 - Inauguration de la bibliothèque du Haut-Anjou

1992 - Fondation de l’organisme Culture à la carte

1994 - 10e anniversaire de la bibliothèque Jean-Corbeil et 30e de son existence

Dans le cadre des célébrations, on propose une dictée du maire lue par le maire Quirion. En fin d’année, un concours de littérature est tenu, de même qu’une exposition d’œuvres d’artistes d’Anjou.

Dictée du maire archives Anjou

Les années 2000

Médiation et décentralisation de la culture 

Une grande attention est portée à l’accès aux arts. Gratuité des spectacles, projets de jumelage avec des artistes, spectacles spontanés : Anjou multiplie les occasions de se rapprocher de la culture.

2002 - Festival des arts du Haut-Anjou 

Créé à l’initiative de l’École Jacques-Rousseau, le festival offre de nombreuses activités à caractère culturel : expositions, galerie d’art et spectacles variés.

2016 - Place à la médiation culturelle 

Un premier grand projet de médiation culturelle avec l’École Saint-Joseph est mis en branle en art clownesque. S’ensuit une multiplication de maillages fructueux entre artistes et communauté auprès des jeunes et des aînés. Ils prennent aujourd’hui une part importante de l’offre culturelle à Anjou.

2017 - Festivités et legs du 375e de Montréal

Anjou inaugure la place des Angevins, comportant une scène permanente et une agora pour pratiquer la danse en ligne. Une grande fête culturelle et un symposium en arts visuels rassemblent plusieurs artistes angevins et montréalais.
Fête legs du 375e archives Anjou

2020 - La culture se réinvente pendant la pandémie

Pour respecter le nombre limité de participants, le mode de diffusion est décloisonné dans les parcs, les rues et même devant les résidences pour personnes aînées. On offre des résidences de création ainsi que des ateliers et des spectacles visuels pour les citoyens dans le but de garder les lieux et la culture bien vivants.

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