Ahuntsic-Cartierville : le sentier des sauvages renommé le sentier des messagers

Mis à jour le 30 septembre 2021
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En concertation avec le Centre linguistique et culturel de Kanehsatà:ke, la Ville de Montréal attribue un nom en langue Kanien’kéha (langue mohawk) au sentier piétonnier situé en bordure du Collège Mont-Saint-Louis.

Le Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh

(Sentier des Messagers)

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Ce sentier piétonnier qui relie l’avenue Camille-Paquet au boulevard Henri-Bourassa Est en passant entre le Collège Mont-Saint-Louis et le cimetière du Sault-au-Récollet était communément appelé « Sentier des Sauvages ».

Dans le cadre de la démarche de réconciliation de la Ville de Montréal, un travail collaboratif a été initié en 2018 par le conseiller du Sault-au-Récollet, Jérôme Normand, avec la Commissaire aux relations avec les Peuples autochtones, Marie-Ève Bordeleau afin de trouver une dénomination qui rendrait hommage à l’histoire du lieu et aux populations qui ont foulé le sentier à travers les siècles.

À la suite de plusieurs rencontres auxquelles ont participé les chefs Victor Bonspille et Bruce Montour, de Kanehsatà:ke, la directrice du Centre linguistique et culturel de Kanehsatà:ke, Hilda Nicholas, ainsi que des représentants de la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville, le nom « Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh » a été proposé.

Qu’est-ce que la démarche de réconciliation?

La démarche de réconciliation vise à reconnaître la juste place des Peuples autochtones dans l’histoire et le développement de Montréal. Son objectif n’est pas seulement de remplacer des noms inappropriés, mais de travailler avec les communautés concernées pour donner une place à leur point de vue sur l’histoire de cette région et en arriver à l’utilisation de toponymes qui ont du sens pour tous et qui honorent les langues autochtones.

Les discussions entretenues avec les représentants de la nation Mohawk et le Centre linguistique et culturel de Kanehsatà:ke ont abouti au toponyme « Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh » et s’inscrivent dans cette démarche de réconciliation.

Origine du nom « Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh »

Le Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh désigne les anciens sentiers foulés par la nation Kanien’kehá:ka (Iroquoise) sur Tiohtià:ke, aujourd’hui connu sous le nom de Montréal. Le nom signifie « nos sentiers » ou « le sentier des messagers ».

Ces sentiers utilisés pendant des centaines d’années ont été creusés par les messagers Onkwehón:we (des Premières Nations) qui couraient sur ces chemins utilisés pour la chasse, le commerce et la communication entre les villes et villages. Après la colonisation, les Européens et leurs descendants ont acquis et continué d’utiliser ce vaste réseau de sentiers qui sont devenus, pour beaucoup, les routes et les autoroutes qui traversent aujourd’hui l’île de la tortue (l’Amérique du Nord).

Histoire du Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh (Sentier des Messagers)

La société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville a réalisé au printemps 2019 une recherche sur l’origine du sentier et de son nom usuel de « sentier des sauvages ». La recherche complète peut être consultée ici.

Le nom « sentier des sauvages » existerait dans la tradition orale depuis l’époque de la création de la mission sulpicienne du Fort Lorette à la fin du 17siècle. Il aurait désigné alors une voie de communication reliant le fort à la ville fortifiée en passant par les terres non cédées appartenant aux sulpiciens.

La recherche conclut que le sentier existant résulte de plusieurs divisions de lots de cadastre permettant l’accès aux terrains en font de lot. Il ne se situe donc probablement pas exactement au même endroit que le sentier historique qui reliait le Fort Lorette aux terres des sulpiciens plus au sud et emprunté par les colons et membres des Premières Nations, mais on peut supposer qu’il n’en était pas loin.

Texte important

Toutefois, le nom de Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh désigne « les anciens sentiers foulés par les premières nations et les colons » et commémore le réseau de chemins et de sentiers créé par les peuples qui ont occupé l’île de la Tortue (île de Montréal) pendant des siècles.

Grandes étapes du processus de désignation inclusif

Hiver 2018 - Début du travail avec Marie-Eve Bordeleau, commissaire aux relations avec les Peuples autochtones sur la désignation du sentier.

Été-Automne 2018 - Premières rencontres avec les représentants de la nation Mohawk et du Centre linguistique et culturel de Kanehsatà:ke dans le cadre de la Table de travail sur la mise en valeur du terrain du Fort Lorette, récemment acheté par la Ville de Montréal.

Printemps 2019 - Rencontre spécifique sur la dénomination du sentier avec les chefs Victor Bonspille et Bruce Montour, Hilda Nicholas du centre linguistique et culturel de Kanehsatà:ke, des représentants de l’arrondissement dont Jérôme Normand, conseiller du Sault-au-Récollet, Marie-Eve Bordeleau, commissaire aux relations avec les Peuples autochtones, ainsi que les deux coprésidents de la Société d’Histoire d’Ahuntsic-Cartierville.

Printemps 2019 - Recherche historique réalisée par la Société d’Histoire d’Ahuntsic-Cartierville (voir plus bas).

Octobre 2019 - Discussion sur le toponyme proposé lors de la rencontre du comité consultatif local de Toponymie et de Patrimoine. Lors de cette rencontre, les membres proposent notamment d’ajouter le mot « sentier » devant le nom en langue mohawk et d’inclure un texte expliquant l’origine du nom.

Février 2020 - Le comité de toponymie autochtone de la Ville approuve le nom de « Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh ».

10 Juin 2020 - Présentation du nom « Sentier Tetewaianón:ni Iakoiánaka’weh» au comité exécutif de la Ville de Montréal. Le nom sera validé par le conseil municipal du mois de juin.

Septembre 2020 - Installation des panneaux historiques aux extrémités du sentier.