En coulisse avec Marie-Laure, agente de développement culturel

Mis à jour le 1 août 2022
Temps de lecture : 3 min

À travers une série de portraits, découvrez les gens passionnés qui rendent la culture accessible à la population de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Aujourd’hui, suivez-nous en coulisse avec Marie-Laure Robitaille, agente de développement culturel - volet médiation culturelle.

La médiation culturelle occupe une place de plus en plus importante dans l’arrondissement. Mais la médiation culturelle, c’est quoi exactement? C’est ce dont Marie-Laure, agente de développement culturelle, ayant une spécialisation en médiation culturelle, nous parlera avec enthousiasme. 

1. Bonjour Marie-Laure! Parlez-nous de votre métier?

J’avoue que mon travail peut piquer la curiosité! En résumé, il consiste à créer des espaces de rencontre entre la population - plusieurs communautés qui habitent le territoire, comme des enfants et des aînés - et la culture en général. Ça peut se concrétiser par des expositions dans les maisons de la culture, des spectacles d’art vivant ou de musique, ou concerner le patrimoine immatériel. Mon rôle, que j’adore et que j’occupe depuis 2 ans et demi, est donc de créer des projets qui mettent en relation la communauté et la culture.

2. Pouvez-vous expliquer plus en détail ce qu’est la médiation culturelle?

C’est une définition qui est poreuse et changeante! Selon le contexte, le projet, les objectifs et les personnes qu’on veut rejoindre, la médiation culturelle peut prendre des formes différentes. Parfois, on touche un peu plus à l’aspect social, tandis qu’à d’autres occasions il peut s’agir davantage de médiation intellectuelle ou d’éducation artistique. Par exemple, ça peut être intimidant d’assister à un spectacle de danse contemporaine. Vais-je comprendre le sens de l’œuvre? Vais-je aimer ça? On propose donc de vivre l’expérience ensemble, d’en discuter pour mieux la comprendre et l’apprécier. 

Dans tous les cas, la médiation culturelle implique la création d’un lien entre un objet culturel et la population. On peut dire que l’essence de la médiation est la découverte culturelle, l’échange entre les participants, ainsi qu’entre les participants et l’œuvre. En tant qu’agente de développement culturel qui se spécialise en médiation culturelle, je suis la pierre angulaire de cette rencontre entre les gens et l’œuvre.

3. Intéressant! Donnez-nous des exemples de projets de médiation culturelle.

Dans MHM, on veut faire en sorte que tout le monde se sente valorisé et entendu. La médiation peut contribuer à ceci, comme c’est le cas du projet Kit de survie de Maggy Flynn. L’artiste est allée à la rencontre des gens dans les rues et au square Dézéry et leur a posé des questions  - par exemple, si votre maison prenait en feu, et que vous deviez conserver un seul élément, quel serait-il?. Après avoir récolté les informations, elle a créé des affiches, incluant les photos des participants, qu’elle a installées sur des murs dans Hochelaga-Maisonneuve. Le projet donne ainsi accès à une partie de la population, à une partie de la mémoire collective.

Un autre exemple - en primeur! -, qui touche cette fois l’éducation artistique, est le projet Club culturel. Le taux de décrochage scolaire dans Hochelaga-Maisonneuve est un des plus élevés sur l’île de Montréal, et c’est prouvé que l’accès à une éducation artistique favorise le développement de l’enfant. Donc, en collaboration avec La ruelle d’Hochelaga, on suit le même groupe d’enfants pendant quatre ans et on leur propose des projets artistiques en lien avec les maisons de la culture. On amène donc les enfants au théâtre et à des expositions.

On les invite aussi à cocréer des œuvres avec des artistes, comme la photographe Janie Julien Fort et le Cirque Hors Piste. Le but est de leur proposer des projets, mais comme on établit une relation avec eux, ils nous proposent aussi des projets. Je pense aussi à un enfant qui était en retrait et ne se mêlait pas aux autres au début de la démarche. Après quelque temps, il a commencé à jouer avec les autres enfants. On voit ici l’aspect social de la médiation culturelle : la création de liens!

Un autre - et dernier! - exemple, est le projet Chambre d’écho, qui concerne la santé mentale. Pour la deuxième année, la maison de la culture Mercier, qui est située tout près de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, a accueilli l’artiste Camille Cloutier en résidence d’artiste, ce qui a donné lieu à un spectacle de théâtre-documentaire qui sera présenté cet automne. Pour le projet, on a invité des gens qui ont des enjeux de santé mentale, qui travaillent dans ce milieu ou qui sont proches aidants, à s’exprimer lors d’ateliers d’écriture. Les textes ont été enregistrés et seront présentés sous forme d’installation sonore dans les maisons de la culture Mercier et Maisonneuve. C’est un beau projet qui donne une voix à ceux et celles qui n’ont pas le micro habituellement.

4. Finalement, quel est votre coup de cœur culturel dans MHM?

L’effervescence culturelle!  J’aime le côté un peu champ gauche, en marge, qu’on retrouve dans MHM. L’expression artistique est unique ici. Il y a plusieurs artistes, souvent engagés, et des organismes culturels qui travaillent de près avec le communautaire. À l’arrondissement, on travaille d’ailleurs beaucoup en collaboration avec des artistes locaux. Dans MHM, la culture est proche des gens. Et parce qu’on veut encore davantage de proximité avec la population, on a élaboré cette année un Plan directeur culturel qui vise à étendre davantage la culture sur l’ensemble du territoire. C’est très inspirant et motivant!