Une journée avec Nafy Gueye, agente technique en horticulture et arboriculture

Mis à jour le 26 janvier 2024
Temps de lecture : 3 min

Nafy Gueye, agente technique en horticulture et arboriculture à l’arrondissement, est née les mains dans la terre, ou presque! Passionnée des arbres et de la nature, elle a notamment déjà cultivé un champ de citronniers au Sénégal et s’occupe actuellement du projet de microforêt au parc Laurier.

1. Comment t’es-tu retrouvée à occuper ce poste?  

En septembre 2010, peu après mon arrivée du Sénégal, j’ai fait un stage d’inspectrice en horticulture et arboriculture à la Ville. De fil en aiguille, après des examens et de la formation continue, j’ai obtenu un poste d’inspectrice en arboriculture et horticulture que j’ai occupé dans deux arrondissements de la Ville de Montréal. Finalement, 10 ans plus tard, j’ai eu la chance d’être recrutée comme agente technique en horticulture et arboriculture au sein de la division des Parcs et de l’horticulture du Plateau-Mont-Royal.

2. Quelle est ta formation et ton parcours? 

J’ai une formation en horticulture et arboriculture et une formation en agriculture urbaine. Enfant, j’ai baigné dans un monde agricole : ma grand-mère étant cultivatrice, elle m’a transmis les valeurs de la terre et des animaux (j’adore les chèvres!). Pendant les grandes vacances, elle me donnait un petit lopin de terre pour que je puisse y cultiver du maïs. Une fois les récoltes vendues, les fonds me servaient d’argent de poche ainsi que pour l’achat de mes fournitures scolaires de la rentrée. Plus tard, après mes études d’horticulture et arboriculture, j’ai créé une entreprise d’aménagement paysager que j’ai dirigée pendant 13 ans et dans laquelle je recrutais des finissant(e)s de mon école. Parallèlement, j’avais un champ de citronniers et deux ouvriers agricoles à temps plein.

3. Qu’est-ce que ça fait au quotidien une agente technique en horticulture et arboriculture? 

Répondre aux requêtes des citoyen(ne)s et les traiter par ordre d’urgence, faire des suivis si nécessaire, collaborer avec les contremaîtres pour le bon fonctionnement des opérations, faire des commandes d’arbres, tenir l’inventaire du stock à jour, évaluer la dangerosité des arbres, prescrire des élagages et des abattages si requis, planifier la plantation annuelle (printemps et automne), etc.!

4. Quel est l’élément de ton travail que tu préfères? 

J’aime pas mal de choses dans mon travail, car c’est très valorisant de contribuer à la qualité de vie des citoyen(ne)s, mais la plantation reste mon coup de cœur. Quand j’arrive pour une plantation, voir l’accueil que le monde me réserve et le fait d’échanger avec les gens concernant le choix des essences d’arbres, et voir ensuite les bébés arbres évoluer, tout cela me procure de la satisfaction! Ça fait douze ans que je plante des arbres dans la Ville, ça me rend très fière!

5. En quelques mots, peux-tu nous expliquer le projet de micro-forêt au parc Laurier? C’est bien toi qui l’as instigué?

Non, en réalité, cela fait déjà quelques années maintenant que ces micro-forêts sont plantées dans différents arrondissements de Montréal, notamment dans Rosemont–La Petite-Patrie.  L’idée originale vient d’une méthode dite  Forêt Miyawaki , du nom d’un botaniste japonais qui s’est inspiré des forêts natives et a voulu recréer de vrais écosystèmes sur des petites surfaces d’environ 200 m². Le principe consiste à planter trois arbres par m² de surface, pour créer une densité et une compétition entre les arbres et laisser ensuite la nature faire son œuvre, par elle-même. On peut utiliser de 30 à 50 d’essences d’arbres différentes, nobles et indigènes. Cela favorise la biodiversité, en plus d’absorber du CO2 et de réduire les îlots de chaleur en zones urbaines et périurbaines. Et c’est ce qu’on veut reproduire dans le parc Sir Wilfrid-Laurier à côté du parc à chiens où on a un 400 m² de terrain dont le sol a été préparé et clôturé depuis l’automne 2022 afin d’accueillir nos 1200 bébés arbres de différentes tailles et essences. En savoir plus sur le projet de microforêt du Plateau

6. As-tu un conseil printanier pour les pouces verts ?

Après l’hécatombe du verglas du 5 avril dernier, c’est le moment de contribuer au renforcement de la canopée de notre arrondissement en plantant des arbres. Avec le Programme un arbre pour mon quartier de la SOVERDI, on peut obtenir de jeunes arbres à prix modique, comme le ginkgo biloba, l’amélanchier du Canada et d’autres essences qu’il est possible de planter dans sa cour arrière ou en avant si le terrain n’appartient pas à la Ville.

Si le terrain appartient à la Ville, il faut appeler au 311, l’équipe des parcs et de l’horticulture se fera un plaisir de vérifier les possibilités d’y planter un arbre.Pour les personnes qui voudraient attirer nos amis pollinisateurs, je conseille de semer des plantes mellifères comme l’agastache de Corée, l’hysope officinale, l’achillée millefeuille, du thym serpolet, de la verveine bleue, du myosotis chinois ou du millepertuis commun… Mon coup de cœur du moment, c’est le caraganier de Sibérie et sa floraison jaune, qui attire une grande diversité de pollinisateurs. Ses fleurs, ses gousses et ses graines sont comestibles, il est donc bon pour l’humain et bon pour les insectes pollinisateurs.

7. Enfin, as-tu un lieu coup de cœur sur Le Plateau? Si oui, lequel?  

Le parc La Fontaine par la diversité de ses arbres, en passant par l’étang, le Théâtre de verdure, les activités sportives qu’on peut y faire, les balades entre ami(e)s, parents et collègues. C’est un parc vivant et riche de sa diversité humaine et végétale.

Merci Nafy!